Humeur - Mauvais garçon

L'Equipe.fr
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L'humeur du jour.

Quand on a une tête de type gentil (dans le sens inoffensif), c'est assez compliqué de passer pour un rebelle. Alors on prend des postures et on le paye toute sa vie, voire de sa vie quand on a décidé, par exemple, de se mettre fumer à l'adolescence dans l'espoir de se donner une contenance. Comme on ne retient jamais les leçons, je me suis engagé plus tard contre l'arbitrage vidéo ou la méthode Deschamps, et ça n'a pas été facile quand la conjugaison des deux nous a offert une Coupe du monde.

Assumer n'était pas le problème, mais une soirée de fête foutue parce qu'on veut avoir des principes, c'est dommage. Si j'avais su que, dans un futur proche, ça n'existerait plus, je peux vous dire que j'aurais zouké tout ce que je sais pour célébrer la victoire de cinq stoppeurs et quatre milieux défensifs grâce à un péno fictif.

Ai-je trouvé la recette du bonheur ou suis-je profondément dépressif ?
Quand on a décidé de n'être jamais d'accord, on prend le risque d'être souvent pas content. Puis un beau jour, l'inverse se produit. Ce week-end, j'ai vu des choses dans la première mi-temps de l'OL à Reims (1-1) qui m'ont plu, même si elles n'ont mené rien. Je n'ai rien trouvé à redire au Angers - Saint-Étienne (0-1), peut-être parce que c'était le moment de la sieste, mais il faut rendre grâce à la LFP d'avoir pensé à l'affiche soporifique de 13 heures. Enfin, j'ai bien aimé Monaco-Lille (0-0), et je suis presque certain d'avoir vu les Lillois essayer de le gagner, à un moment.

J'entends que ça puisse interroger : ai-je trouvé la recette du bonheur ou suis-je profondément dépressif ? Ou peut-être ai-je fait comme d'autres avec l'équipe de France, abandonner l'exigence pour retrouver un peu d'innocence. Toujours est-il que j'étais ravi au cours d'un week-end où personne ne l'a été : évidemment le PSG, humilié par Nantes (1-2), mais donc aussi l'OL et l'ASM pour ne pas avoir profité de ce faux pas, et même Lille, qui a raté l'opportunité de prendre cinq points d'avance sur la concurrence. C'eut été dommage pour la suite du feuilleton, et là, on sera tous d'accord, preuve s'il en est qu'il n'y a rien de plus satisfaisant pour tout le monde que le malheur des autres.