Humeur - Mouchez les bougies !

L'Equipe.fr
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L'humeur du jour.

Dans mes indéniables phantasmes, j'aurais aimé connaître la Restauration, à l'époque des fameux banquets républicains, des discours embossés et des envolées lyriques. Entre la langouste thermidor et la galantine de marcassin, j'aurais tapé sur le cristal avec mon couvert poinçonné, réclamant le calme à mes commensaux avant de déclamer un amour irraisonnable pour Thomas Tuchel (c'est un exemple !).

Je me vois haranguant des convives fascinés par les mots choisis et la redingote lustrée qui masqueraient mon essence de paltoquet. N'ayant du stentor ou du tribun aucun chromosome, je suis hélas incapable de tresser des louanges orales lorsqu'il s'agit de rendre hommage façon mégaphone.

Un ami par exemple, qui fait sensiblement le même métier que moi, mais dans un média où l'on s'exprime à voix haute, fêtait ce week-end son entrée souveraine dans le monde des bientôt vaccinés.

De l'expertise et du talent comme s'il en pleuvait

Spécialiste du rugby, du judo, de l'athlétisme, proche de champions mondialement célèbres, il célébrait, entouré de jeunes fidèles qui pratiquent également le journalisme parlé, sa soixantaine de printemps. Etouffant dans mes silences, je ne pus qu'écouter chanter la garde montante et en eus la larme à l'oeil : ils étaient l'avenir du micro ouvert.

De l'expertise et du talent comme s'il en pleuvait, retrouvables parfois sur une chaîne très amie, des anecdotes mâtinées de cette novlangue anglo-saxonne qui fait prendre les Messi pour des gens ternes et un Glory hall pour le lobby de l'hôtel du Golf... Je compris qu'il était temps de céder la place.

Repartant en titubant, je grimpai dans mon automobile en mode automatique. Il était 18h salement passées, je me fis contrôler, exhibai mon sauf-conduit en arguant que je sortais du boulot et que j'avais trop tafé. Ce qui n'était ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux. Ils me relâchèrent. Arrivé à la maison, je laissais un message à mon vieil ami qui disait simplement : « Camarade, tes artères méritent leur bonheur... Attends-moi, j'arrive ! »