Humeur - Nom de D...

L'Equipe.fr
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Retrouvez l'humeur de Vincent Hubé.

Trop compliqué de faire des blagues en ce moment. Personne ne vous comprend, que des coups à prendre. Toute tentative de deuxième degré est lue comme une provocation intolérable et la moindre affirmation sincère est soupçonnée de cacher une méchanceté gratuite. Il faudrait glisser des messages d'avertissement avant chaque prise de parole. Et présenter ses excuses après, au cas où.

Regardez ce pauvre Raymond Domenech, débarqué à Nantes dans une drôle de situation. Le club est mal classé, les supporters énervés comme jamais, l'ambiance morose à souhait. Même Jean Lucas a préféré partir à Brest plutôt que de jouer pour le club de Waldemar Kita. Histoire de détendre un peu l'atmosphère, l'ancien sélectionneur des Bleus a alors sorti en conférence de presse : « J'aurais aimé prendre Maradona, mais il est mort, c'est comme ça. » Cette saillie bien innocente n'est pas passée et Raymond le Nantais s'offrait là une première polémique. Elle aura été plus rapide à arriver que sa première victoire à la tête des Canaris. Se moquer du dieu Diego, ça porte malheur.

En France, pas de délit de blasphème
Au moins, Domenech a échappé à une sanction : en France, pas de délit de blasphème. Gianluigi Buffon est moins veinard. Le gardien de but de la Juventus Turin se retrouve convoqué devant la commission de discipline de la Fédération italienne pour une « espressione blasfema ». Lors du Parme-Juve du 19 décembre dernier, le champion du monde 2006 aurait balancé à son coéquipier Manolo Portanova un gros « Dio cane » (Bon Dieu en VF). N'allez pas croire que tout ça, c'est du folklore. En décembre déjà, le milieu de l'AS Rome, Bryan Cristante, a pris un match de suspension pour avoir juré. Cristante avait pourtant des circonstances atténuantes : il venait de marquer contre son camp face à Bologne. En Italie comme en France, la tolérance n'est pas une valeur qui monte.