Humeur - Super-résistants

L'Equipe.fr
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L'humeur du jour.

On a tout essayé pour ne pas parler de Super Ligue ici aujourd'hui, promis juré. On a commencé à regarder le Tour des Alpes mais on a eu mal au coeur au premier lacet et on s'est endormi avant la première échappée. On a essayé de penser du mal de Gaël Fickou puis on s'est demandé pourquoi un rugbyman devrait forcément mieux se comporter qu'un footballeur et comme on n'a pas trouvé la réponse, on a abandonné le sujet.

On a examiné ce long rectangle gris de dernière page, pas franchement clinquant pour accueillir les dix plus grands clubs d'Europe plus Arsenal et Tottenham, mais finalement, on l'a trouvé parfait. Parce qu'aujourd'hui ici, on ne va pas parler des grands méchants loups du foot mondial, on va parler de ceux qui leur font face fourches tendues.

Droit dans ses Berlutti

L'espace d'un instant, lundi, on a bien cru que José Mourinho était de ceux-là, vent debout, payant sa bravoure par son quatrième licenciement en carrière de Premier League. Quelques tweets bien troussés nous ont vendu la belle histoire, le grand José droit dans ses Berlutti drapé de toute sa superbe et, crédule, on a voulu y croire. Au final, le Special One était uniquement drapé de son incompétence, scénario hautement moins fantasmatique.

Mais il y aura bien d'autres hérauts, et d'autres héros. Par exemple ces joueurs et entraîneurs qui évoluent dans des super clubs mais qui ne trouvent pas le projet aussi super que l'affiche le leur vend. Ces supporters qui, le coeur gros, vont retirer leurs bannières des stades et envoient des mails courroucés à leurs clubs pour résilier leur abonnement. Ces dizaines de journaux qui affichent en Une combien ils ont du mal à croire que si on en arrive là, c'est uniquement pour « sauver le football » ou parce que « les enfants préfèrent désormais les jeux vidéo au ballon rond ». Le sport n'est plus du sport si tout le monde gagne à la fin. Indignons-nous en choeur bon sang : la Super Ligue mérite bien des super-résistants.