Iannone va de l'avant malgré une suspension "très lourde à digérer"

Léna Buffa
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Quatre jours après l'annonce de sa suspension pour quatre ans, a fait une apparition dans le paddock MotoGP ce samedi, en marge des essais du Grand Prix de Valence. Un an, quasiment jour pour jour, après son dernier Grand Prix, l'Italien a voulu crier son attachement au MotoGP à l'heure de saluer ses anciens collègues.

"Je suis venu ici parce que je voulais remercier la famille MotoGP, qui ne m'a jamais abandonné durant cette longue période trouble", a expliqué Iannone à Sky Italia. "Et puis je n'aurais pas eu la possibilité de revoir les personnes d'Aprilia Racing, qui m'ont accompagné l'année dernière et durant cette période difficile. Massimo [Rivola] a été une personne extraordinaire, mais c'est tout le groupe Piaggio qui m'a soutenu. Je souhaite remercier tout le monde, car je ne me m'attendais pas à toute cette affection, y compris à la maison. Ils ont été formidables et je ne l'oublierai jamais."

Suspendu pour 18 mois par la Fédération internationale de motocyclisme à la suite d'un contrôle antidopage positif à la drostanolone pratiqué en novembre 2019, Andrea Iannone avait interjeté appel auprès du Tribunal arbitral du sport pour tenter de faire lever sa sanction. C'est toutefois l'autre réclamation, celle de l'Agence mondiale antidopage, qui a été entendue, et sa peine a été alourdie, l'écartant des circuits jusqu'en 2023.

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Le vainqueur du Grand Prix d'Autriche 2016, âgé de 31 ans, n'a eu de cesse de crier à l'injustice, défendant la thèse d'une contamination alimentaire, et il est apparu samedi matin combattif, mais visiblement résigné quant à la suite à donner à cette affaire, soulignant qu'il lui faut à présent aller de l’avant.

"Ce n'est pas le moment de parler de la sentence. C'est le moment pour moi de me désintoxiquer de cette situation, que je traine depuis un an. C'est clairement quelque chose de très lourd à digérer pour moi", a-t-il expliqué, peinant pour le moment à éclaircir ses plans d'avenir mais certain de vouloir rester impliqué dans la compétition moto. "Je dois encore digérer cela, je ne peux donc que parler comme si j'étais encore pilote. Je n'ai jamais rien fait d'autre. De nombreuses voies pourraient sûrement s’ouvrir pour que je fasse des choses différentes, comme cela a déjà été le cas mais sans que je les accepte."

"Mon monde est celui-ci, ma vie est ici, et pour le moment je n'accepte que le fait d'y rester. De quelle manière et dans quel rôle, on verra. Il faut absolument continuer à se battre pour notre sport, parce que ce qui s'est passé n'est pas quelque chose que l'on peut digérer."

"Je ne suis pas du genre à rester à la maison à ne rien faire. J'ai besoin de faire quelque chose. Je vais sûrement essayer d'apporter le plus de soutien possible aux personnes de ce milieu, parce que j'ai grandi ici et j'y ai passé la majeure partie de ma vie. J'ai des connaissances qui pourraient s'avérer utiles et je vais essayer d'en tirer bénéfice. Je remercie tout le monde du fond du cœur, mais c'est comme ça, maintenant il faut aller de l'avant en essayant de faire beaucoup de belles choses et sans s'estimer abattu."

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Si certains pilotes ont refusé de s'exprimer sur cette affaire cette semaine, Andrea Iannone a pu compter sur de nombreux soutiens depuis sa première suspension et jusqu'à aujourd'hui. Son (désormais) ancien coéquipier, Aleix Espargaró, notamment, a jugé sa sanction "ridicule" et a tenté de le réconforter. Franco Morbidelli a lui aussi exprimé sa solidarité. "Je suis vraiment désolé pour Andrea Iannone. C'est un gars que je connais très bien et depuis longtemps, et je suis vraiment désolé qu'un truc aussi moche lui soit arrivé. Je crois en sa bonne foi", a déclaré le pilote Petronas.

Avec Matteo Nugnes