Imola, le retour d'un circuit historique qui veut convaincre

Basile Davoine
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Depuis vendredi, le circuit d' est officiellement de retour au calendrier de la F1. Crise du coronavirus oblige, la discipline s'est tournée vers des alternatives et vers des pistes européennes qui ne figuraient pas au menu initialement. Pour l'Autodromo Enzo e Dino Ferrari, il s'agira de renouer avec un glorieux passé le 1er novembre prochain, après 14 ans de sevrage. Dès le mois de février et l'annonce du report du Grand Prix de Chine en raison du COVID-19, Imola s'était positionné. Sa ténacité a fini par payer et le tracé organisera le Grand Prix d'Émilie-Romagne cet automne, sur deux jours. Le format précis reste à définir, mais il s'agira là aussi d'une première.

"Nous cherchons à atteindre cet objectif depuis de nombreuses années", explique à Motorsport.com Uberto Selvatico Estense, patron du circuit. "Nous discutions avec les dirigeants de la F1 depuis longtemps, et nous avons désormais atteint l'objectif que nous visions. Je crois que notre héritage est important, nous sommes si célèbres en F1 que cette opportunité s'est concrétisée non seulement en raison du Covid mais aussi parce que la F1 doit renouer avec les circuits historiques, revenir à la véritable passion des fans."

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Le public est justement une donnée importante, bien qu'incertaine. Si les Grands Prix de l'été se déroulent actuellement à huis clos, l'espoir de voir la situation s'améliorer dans les mois à venir demeure. On sait que le Grand Prix de Russie, fin septembre, se fera en présence de spectateurs, et à Imola, on espère qu'il en sera de même un mois plus tard.

"Vendredi, notre ministre de la Santé a annoncé qu'ils rouvriront la possibilité pour les spectateurs d'assister à des événements probablement après septembre", indique Selvatico Estense. "Nous croisons donc les doigts et nous espérons que les tribunes seront ouvertes aux spectateurs, mais rien n'est fait. Tout change chaque jour, donc c'est très difficile de faire une prévision. Notre volonté est évidemment d'essayer d'ouvrir, mais qui sait ? L'année dernière à cette période, la météo n'était pas si mauvaise. Je pense que c'est faisable. Naturellement, en Italie à cette période ce n'est pas comme en été, mais je pense que ce sera attractif pour les gens s'il y a la possibilité d'avoir des spectateurs."

Labellisé Grade 1 par la FIA, ce qui est absolument nécessaire pour accueillir un Grand Prix de Formule 1, le circuit d'Imola a reçu en milieu de semaine la visite de Michael Masi, directeur de course. Celui-ci a également inspecté le Mugello, alors que l'Italie s'apprête ainsi à organiser pas moins de trois courses en deux mois, avec également Monza début septembre.

"Michael Masi est venu à Imola pour l'inspection, et il a vraiment été surpris", révèle Selvatico Estense. "Nous avons reçu ses compliments, et ça nous rend naturellement très fiers. Nous n'avions rien à modifier. Nous devons améliorer quelques détails, mais rien de très important. Nous n'avons pas à modifier de vibreurs ou de zones de dégagement. Nous avons juste fait des changements il y a quelques mois dans la zone de dégagement après la chicane Villeneuve, où Roland Ratzenberger s'était accidenté. Nous avons modifié la forme de cette zone de dégagement et nous les avons agrandies dans certaines autres portions du circuit, ce qui satisfait la FIA."

Imola a réussi son premier pari, mais l'étape d'après constituera elle aussi un défi d'envergure : convaincre et démontrer que le tracé aura sa place au calendrier à l'avenir, dans des circonstances plus normales. "Nous essayons de postuler auprès de la F1 pour l'année prochaine, mais tout est à discuter après la course, je pense", conclut Selvatico Estense. "Notre volonté est très claire, nous sommes menés par notre passion."

Propos recueillis par Adam Cooper