Impuissant, Quartararo "ne s'attendait pas" à une telle course

Léna Buffa
·4 min de lecture

Après deux victoires obtenues grâce à des performances solides, est apparu impuissant à Brno. Il a beau être entré en premier dans le premier virage de la course lorsque le départ a été donné, il n'a fallu que quelques secondes à son coéquipier pour le déposséder des commandes et c'est une longue agonie qui commençait alors pour lui. Elle allait se terminer à la septième place, battu de 11"8 par le vainqueur.

Lire aussi :

Course - Binder fait gagner KTM et laisse le MotoGP sans voix !

Comme prévu, cette course sur le vieux bitume tchèque a mis les pneus à rude épreuve, seulement certains pilotes ont semblé surfer sur la difficulté alors que d'autres sont rapidement entrés dans un long tunnel. Pour Quartararo, il s'agissait avant tout de "rester sur [ses] roues", lui qui avoue avoir été impuissant dans la confrontation, et notamment lorsqu'un trio Rins-Rossi-Oliveira, parmi les pilotes les plus efficaces en toute fin de course, l'a avalé avec un rythme impossible à suivre pour lui, de quatre à huit dixièmes supérieur au sien à cet instant.

"Dès le premier tour, j'ai vu que le potentiel du pneu arrière était vraiment mauvais et il était beaucoup plus difficile à gérer [qu'en EL4]. J'ai piloté de manière totalement différente par rapport aux EL4", constate le pilote Petronas, qui avait fait le choix du medium à l'arrière comme notamment le vainqueur, Rossi ou Oliveira. "Ça n'est pas normal que certains pilotes aient été une seconde plus rapides que moi dans le dernier tour et que Brad [Binder] ait gagné avec cinq secondes d'avance. Il va falloir voir où se situe le problème. On a vu que beaucoup de pilotes ont été en difficulté, comme Maverick [Viñales], Dovi ou Jack [Miller]."

S'il sait que les KTM, notamment, peuvent se montrer plus à l'aise lorsque le grip offert par la piste est faible, Quartararo peine à comprendre qu'un tel gouffre se soit creusé. "Aujourd'hui ça n'était pas qu'un peu. Normalement la différence n'est pas grande, ce sont juste de petits détails", observe-t-il, éberlué. "C'est vrai qu'il y avait une différence énorme, mais franchement je crois que les KTM étaient les plus fortes ce week-end", souligne-t-il toutefois. "Je crois qu'ils ont fait beaucoup de tests et que Michelin leur a donné ce qui était les meilleurs pneus [pour les tests], alors ils ont clairement pris les meilleurs choix."

C'était dur parce qu'on ne s'attendait pas à une course de ce type. Je suis sûr que ça a été la course la plus difficile de ma carrière en MotoGP.

Fabio Quartararo

"Ça a été vraiment dur. Franchement je ne m'attendais pas à une telle dégradation du pneu. En EL1, EL2 et EL3, mon rythme était vraiment mauvais, mais en EL4 on avait beaucoup progressé et j'étais d'ailleurs très content parce que ça m'avait fait croire que je pourrais me battre pour la victoire et pour le podium", regrette le pilote français. "C'était dur parce qu'on ne s'attendait pas à une course de ce type. […] Ça n'était vraiment pas facile de faire la course. Je suis sûr que ça a été la course la plus difficile de ma carrière en MotoGP."

Une contre-performance à éclaircir rapidement

"Franchement, je ne sais pas comment Brad et Franco [Morbidelli] ont réussi à avoir un aussi bon rythme. C'était difficile de garder mon calme, parce que quand Rins, Vale et Oliveira m'ont passé, franchement je n'ai rien pu faire. Je n'ai pas pu me battre contre eux. Il y a des courses où on ne peut pas suivre et on sait pourquoi, mais là il faut qu'on analyse bien les choses pour comprendre ce pourquoi."

Lire aussi :

"Insensé, incroyable, génial" : Binder intègre encore sa victoire !

Avant d'aller en Autriche, pour les deux prochains Grands Prix, Fabio Quartararo veut en effet absolument comprendre ce qui s'est passé. "On a eu un long debrief avec mon chef mécano et mon ingénieur pour voir où on a fait erreur. Je pense qu'on a fait quelques erreurs pendant le week-end, mais pas aussi énorme pour mériter une position de ce genre", pointe-t-il.

"En rythme je me sentais vraiment mal, mais je me suis senti mal tout le week-end jusqu'à ce qu'en EL4 on fasse un énorme pas en avant… Par contre, en course on a fait deux pas en arrière. Il faut qu'on analyse bien les choses. Demain mon team va regarder beaucoup de données et je vais me tenir au courant parce que c'est vraiment important."

"C'est vraiment difficile d'accepter un résultat de ce type mais j'étais à la limite du premier au 21e tour, alors je pense que c'est plutôt bien de marquer neuf points dans une situation de ce type", conclut Fabio Quartararo, qui reste leader du championnat et voit même son avance augmenter sur un Maverick Viñales... encore plus à la peine que lui aujourd'hui.

Lire aussi :

Championnat - Quartararo toujours leader, Morbidelli 3e