Incidents au Stade de France : l'UEFA « peut encore s'améliorer »

Les supporters de Liverpool au Stade de France pour la finale de Ligue des champions, le 28 mai. (Charlotte Wilson/OFFSIDE/Presse Sports)

Mardi matin, deux dirigeants de l'UEFA étaient auditionnés par le Sénat, trois semaines après le fiasco de l'organisation de la finale de la Ligue des champions.

Hormis deux communiqués écrits publiés sur son site la semaine suivant la finale de la Ligue des champions - le premier pour annoncer la commande d'un « rapport indépendant » et le second pour présenter ses « sincères excuses » - l'UEFA, pourtant organisatrice de la compétition, n'avait jamais pris la parole depuis le fiasco de Saint-Denis. Chose corrigée - et contrainte - mardi, devant le Sénat.

En début de matinée, chacun installé dans son bureau, Julien Zylberstein, directeur des affaires européennes de la gouvernance de l'UEFA, et Martin Kallen, directeur général de l'UEFA Events SA, se sont connectés en visio au Palais du Luxembourg pour répondre, en français, aux questions. « L'UEFA n'a jamais exprimé la moindre réserve ou réticence à être entendue », a tenu à souligner d'emblée Zylberstein. C'est ensuite son collègue suisse germanophone Kallen qui a été envoyé au feu.

Sur le choix de Paris : « La solution parfaite »

Naturellement, il a d'abord été question du choix de Paris, entériné fin février, en remplacement de Saint-Pétersbourg et en réaction à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. « Tout le monde a convenu que c'était une excellente décision, prise en un temps record, a-t-il salué. Chaque jour comptait pour trouver cette solution de repli. Paris semblait être la ville idéale et le Stade de France, l'enceinte idéale. Le Stade est très bien configuré et la FFF est un organisateur déjà habitué aux grands événements. Il n'y avait aucune autre option quasiment, à ce moment-là, qui répondait à nos critères. Paris était la solution parfaite. Wembley était aussi idéal, mais pas libre. »

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Et de poursuivre : « Il y avait également une symbolique forte de retirer la finale à la Russie pour la donner à Paris, alors capitale de l'Union européenne. Ailleurs, cela aurait été plus difficile. L'Allemagne avait déjà beaucoup de rendez-vous (Euro 2024, finale de la C1 2025), l'Espagne des stades occupés ou en travaux... En principe, on fait un appel aux Fédérations, avant que le comité exécutif ne tranche. Là, on a suivi un processus spécial. On a regardé qui pouvait organiser dans ce timing très court. La première question a été posée au président de la République (Emmanuel Macron) pour savoir si les autorités soutenaient cette candidature. Et la demande a ensuite été faite auprès de la FFF pour savoir si elle voulait organiser avec nous. »

Sur le débat des faux billets : « Plusieurs milliers selon nous »

D'entrée, Kallen a reconnu que l'instance continentale avait eu connaissance d'un « risque élevé de faux billets » en amont de l'événement. « On a vu des ventes de contrefaçons sur Internet et la police est intervenue en Angleterre pour contrer ces organisations. Finalement, il y a eu un nombre plus élevé de tickets falsifiés à Paris que lors des finales précédentes. 2 600 billets ont été détectés comme faux aux tourniquets, mais beaucoup ne sont pas arrivés jusque-là. Combien y en avait-il en tout ? On ne sait pas précisément. Il s'agit de plusieurs milliers selon nous, sans compter les gens sans ticket. On a compté plus de 100 000 personnes autour du Stade, dont 75 000 spectateurs. Il y avait donc 25-26 000 personnes en plus. Mais pas seulement des supporters anglais. »

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Sur le support des tickets : « On a toujours eu des billets papiers »

Pourquoi l'UEFA a-t-elle accepté de délivrer de nombreux tickets en format papier (40 %), plutôt que de rester sur sa tendance à la digitalisation ? « On en a toujours eu, s'est défendu Kallen. Le système numérique est développé depuis 2016. Cela prend du temps pour tout mettre en place. Les finalistes n'étaient pas non plus tous prêts, donc on a accordé une partie de billets papiers aux clubs pour qu'ils les vendent par la suite. »

Aussi, le jour du match, 2 700 individus porteurs d'un précieux sésame n'ont pas pu entrer dans l'enceinte. « Des places n'ont pas été validées via le QR Code car le Bluetooth n'était pas activé. Après, concernant les billets papiers, certains ne sont jamais arrivés et d'autres ont été précédés par des fausses répliques. Nous les dédommagerons. »

Sur l'enquête en cours : « Cela prendra au minimum trois mois »

Réclamé deux jours après la finale et mené par Tiago Brandao Rodrigues, ancien ministre portugais, le rapport indépendant de l'UEFA est censé être lancé cette semaine. D'après Kallen, « tout le monde sera auditionné et tous les sujets seront abordés ». Avec un rendu attendu en septembre, au plus tôt. « Cela prendra au minimum trois mois. Il est peut-être encore un peu tôt pour tirer des leçons, même si on est en train de regarder en détail ce qu'on devra changer à l'avenir. On est pas mal, mais on peut encore s'améliorer. »

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