Incidents au Stade de France: Le Pen, Mélenchon, Zemmour... les politiques s'emparent du fiasco

Après le chaos au Stade de France, la controverse: la polémique a enflé dimanche autour des responsabilités de chacun dans les couacs organisationnels de la finale de Ligue des champions. - Stéphane de Sakutin et Clément Mahoudeau
Après le chaos au Stade de France, la controverse: la polémique a enflé dimanche autour des responsabilités de chacun dans les couacs organisationnels de la finale de Ligue des champions. - Stéphane de Sakutin et Clément Mahoudeau

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Un fiasco rapidement repris par une partie de la classe politique. Une "honte pour la France", toute "l'image de l'Occident" entachée, la finale de Ligue des Champions, remportée samedi soir par le Real Madrid face aux Reds de Liverpool, continue de faire réagir ce dimanche, en raison des incidents qui ont gâche la soirée au Stade de France de Saint-Denis, en marge de la rencontre.

Une soirée chaotique. Les images de supporters forçant l'entrée dans le stade en escaladant les grilles d'entrée ou celles des échauffourées entre fans et membres des forces de l'ordre, repoussant les intrus à grands renforts de gaz lacrymogènes continuent de tourner en boucle sur les réseaux sociaux et de faire la Une des quotidiens sportifs européens au lendemain de la finale.

Une "honte pour la France"

Il n'en fallait pas plus pour certaines personnalités politiques, notamment à droite et à l'extrême droite, pour se saisir de l'événement. Tandis que le député Debout la France Nicolas Dupont-Aignan évoque un "honte pour la France", le président du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella dénonce une "humiliation mondiale" pour le pays et les "hordes sauvages" qui "pourrissent systématiquement le moindre événement", selon lui.

L'ancienne candidate du RN à la présidentielle Marine Le Pen évoque elle aussi une "honte" et pointe directement la responsabilité du ministère de l'Intérieur dans les échauffourées, l'accusant d'avoir "gâché ce qui devait être un événement populaire" en étant "incapable de maintenir l’ordre face à la racaille".

Elle a fait part de son "sentiment d'humiliation". "Nous sommes regardés par le monde entier et l'intégralité des capitales qui ont vu cela ont constaté que la France n'était plus dans la capacité d'organiser de grandes manifestations sans que celles-ci dégénèrent", a-t-elle estimé au micro du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI.

De son côté, Éric Zemmour n'a pas hésité à accuser sur Twitter samedi soir la "racaille" d'être responsable de ces débordements et d'avoir "agress(é) autour du Stade du France".

Une réponse au vitriol aux propos du ministre de l'Intérieur, lequel assurait samedi soir que des "milliers de 'supporters' britanniques" avaient "violenté les stadiers". Une version rejetée par l'ancien candidat de Reconquête! à la présidentielle qui dénonce un climat d'"impunité générale" et une sensation de "gueule de bois" en raison des débordements, en ce lendemain de finale.

De l'autre côté de l'échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon dénonce une image "lamentable et inquiétante" donnée par la France, rappelant que Paris doit accueillir les Jeux Olympiques en 2024. "On voit clairement qu'on n'est pas préparés", s'inquiète-t-il, ce dimanche sur BFM Politique.

"C'est un échec complet de la stratégie policière", estime-t-il, pointant du doigt la gestion de l'événement par le ministère de l'Intérieur et la préfecture de police. 876450610001_6306966587112

105 interpellations

Du côté des Républicains, si le député Henri Guaino estime que ce sont bien "les supporters anglais" "qui ont mis du désordre", le constat de la soirée n'en reste pas moins sévère.

C'est "l'image de la France", voire même celle "de l'Occident qui est impactée" par ces événements, clame-t-il ce dimanche sur Europe 1, n'hésitant pas à dresser un parallèle entre les débordements aux abords du Stade de France avec le pillage de l'Arc de Triomphe ou encore l'assaut du Capitole aux États-Unis.

"Cette violence est le symptôme d'un malaise profond dans nos sociétés, [...] et on n'arrive plus à contenir cette violence", estime-t-il encore.

Le député des Alpes-Maritimes des Républicains Éric Ciotti fait part, lui, de sa "tristesse" et de "colère", après la gestion de l'événement, "humiliant(e)" pour le pays.

"Un peu rapide et lâche de renvoyer le problème sur les seuls supporters britanniques", lance-t-il, remettant lui aussi en cause les justifications de Gérald Darmanin.

Le maire de Saint-Denis, Mathieu Hanotin, et le président du conseil départemental de la Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, membres du Parti socialiste, ont réclamé quant à eux "une commission d'enquête rapide et transparente sur les manquements qui ont conduit aux débordements" de samedi.

Côté majorité présidentielle, la député LREM-Renaissance Aurore Bergé a rappelé sur RMC que la France avait organisé "en à peine trois mois" cette finale qui, sans la guerre en Ukraine, "aurait dû se tenir en Russie". "Il n'y a pas eu de difficultés dans les fan zones", a-t-elle souligné, appelant à "regarder à froid ce qui s'est passé".

En marge des incidents survenus au Stade de France, 105 personnes ont été interpellées et 39 ont été placées en garde à vue samedi soir, selon le dernier bilan du ministère de l'Intérieur.

Fait rarissime, le coup d'envoi de la finale de la Ligue des champions a dû être repoussé d'une demi-heure en raison de la cohue régnant à l'extérieur du stade.

Article original publié sur BFMTV.com

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