En Italie, le pape ne veut pas que les animaux de compagnie remplacent les enfants

REMO CASILLI / REUTERS

Lors d’une conférence sur la natalité en Italie, le Pape François a exhorté les politiques à trouver des solutions pour contrer « l’hiver démographique » que traverse le pays.

« Avez-vous déjà imaginé un monde sans bébés ? » Vendredi 12 mai, le pape François participait à la deuxième journée d’une conférence organisée à Rome par la Fondation pour la natalité, un groupe lié à des associations catholiques qui défendent les familles.

Notant que les animaux domestiques remplaçaient les enfants dans certains foyers, le Pape a raconté comment une femme avait un jour ouvert son sac et lui avait demandé de « bénir son bébé ». Sauf qu’il ne s’agissait pas d’un bébé, mais d’un petit chien. « J’ai perdu patience et je lui ai dit : il y a beaucoup d’enfants qui ont faim et vous m’apportez un chien », a-t-il ajouté, déclenchant les applaudissements de la foule.

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Pour la première fois, le nombre de naissances en Italie est passé l’an dernier sous le seuil des 400 000, à 393 000, selon l’Institut national des statistiques (Istat), contre 713 499 décès, pour une population d’environ 58 millions d’habitants. Le pays pourrait perdre près d’un cinquième de ses habitants d’ici à 2050.

Des solutions contre « l’hiver démographique »

Chaleureusement applaudi lorsqu’il est monté sur scène pour s’adresser à la conférence aux côtés de la Première ministre Giorgia Meloni, le pape François a appelé les responsables politiques à trouver des solutions pour contrer « l’hiver démographique » en Italie, rappelant que les jeunes étaient confrontés à un « effort titanesque » pour fonder une famille dans un environnement précaire.

Les orateurs de la conférence ont pour la plupart évité les questions les plus controversées soulevées par le déclin démographique de l’Italie, telles que l’avortement, les mères porteuses ou les migrations de masse. Ils se sont concentrés principalement sur des solutions telles que l’aide sociale, l’augmentation des services de garde d’enfants et les allègements fiscaux.

Racisme et natalisme

Néanmoins, le ministre de l’Agriculture Francesco Lollobrigida, figure clé du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia (FDI) de Giorgia Meloni, a noté jeudi lors de la conférence que la question de la natalité était préoccupante, « parce que nous voulons sauvegarder la culture, les langues de l’Italie ».

Il a nié que cela ait quoi que ce soit « à voir avec la race », après avoir été critiqué par l’opposition le mois dernier pour avoir mis en garde contre le « remplacement ethnique » de l’Italie par les migrants.

Giorgia Meloni, qui a remporté la plus grande part du vote féminin lors des élections de septembre mais ne se considère pas comme une féministe, a, quant à elle, fait des mères et des familles un élément central de son discours. « Nous vivons une époque où parler de la natalité, de la maternité, de la famille est devenu encore plus difficile, parfois cela semble presque un acte révolutionnaire », a-t-elle déclaré.

« Nous voulons qu’il ne soit plus scandaleux de dire que nous sommes tous nés d’un homme et d’une femme, qu’il ne soit pas tabou de dire que la natalité n’est pas à vendre, que l’utérus ne peut pas être loué et que les enfants ne sont pas des produits en vente libre que l’on peut choisir et peut-être ensuite rendre », a-t-elle ajouté, relançant les idées de l’extrême droite italienne dans ce domaine.

À la fin du discours du pape, plusieurs femmes enceintes ont fait la queue sur scène pour qu’il leur touche le ventre et leur donne une bénédiction.

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