Jérémie Peloso, le Français dont les prédictions concurrencent Paul le poulpe

En 2010, Paul le poulpe s'en était plutôt bien sorti. Qu'en sera-t-il de Jérémie Peloso ? (Dpa Picture Alliance archive/Alamy Stock Photo)

Le courtier français Jérémie Peloso a piloté une étude prévisionnelle des résultats du Mondial au Qatar. Fera-t-il mieux que Paul le poulpe en 2010 ?

Qui est Jérémie Peloso ?Un Français consultant en investissements de marchés au sein de l'entreprise BCA Research, âgé de 33 ans, expatrié au Québec depuis dix ans, amateur de football en général (et du PSG en particulier). En 2018, il participe à ce projet lancé par un de ses chefs, dans l'esprit de ce que propose Goldman Sachs pour le monde de la finance... Mais cette fois pour le foot. « Ce qui a commencé comme un challenge en 2018 s'est transformé en réel projet, raconte Jérémie Peloso, qui a dirigé le groupe de sept analystes impliqués dans le projet. On espère transformer cela en une sorte de tradition. »

Quelle est sa méthode ?« On est partis d'un modèle statistique assez basique pour prédire des résultats avec trois options possibles. Le plus dur a été d'établir des variables qui, historiquement parlant, sont à même de prédire au mieux les résultats des matches de Coupe du monde. On s'est basé sur quatre échantillons choisis, de 2006 à 2018, soit à peu près 200 matches, donc un échantillon de très bonne taille. On a testé une cinquantaine de variables, en vérifiant lesquelles prédisaient le mieux les résultats des Coupes du monde passées. On en a finalement sélectionné quatre pour les matches de groupes et quatre pour les matches à élimination directe. »

Ça a marché en 2018 ?Pas trop mal. « Le modèle de la première étude donnait une place importante au milieu de terrain, ce qui avait favorisé les formations espagnole et allemande. Notre modèle envoyait donc l'Espagne en finale contre la France, et donnait la Roja vainqueur. Et il avait prédit 60 % des matches de groupes correctement, et plus important encore 14 des 16 équipes sorties des poules dans le bon ordre. »

Alors, ça donne quoi pour la France ?Ne sortez pas les langues de belle-mère, les hommes de Didier Deschamps ne soulèveront pas le trophée une deuxième fois d'affilée. « Il est relativement difficile pour une équipe qui gagne la Coupe du monde de réaliser une bonne performance à la suivante. On a donc estimé, par rapport aux expériences passées, que les perfor­mances de l'équipe de France sur chaque match seraient entravées de 30 % à cause de la malédiction du vainqueur. » Résultat, la France sort deuxième de son groupe derrière le Danemark et perd contre l'Argentine en 8es de finale. « Mais si on n'avait pas inclus cette variable aux Bleus, ils gagnaient le Mondial. »

On parie sur qui alors ?« Pour cette édition, les variables donnent l'avantage aux attaquants dans les matches à élimination directe. On a le retour du numéro 9 physique, qui colle les défenseurs adverses, ce qui n'était plus le cas en 2010 et 2014. Victorieuse du Brésil en demie, l'Argentine gagne le Mondial au terme d'un match serré face au Portugal. Notre analyse n'est pas faite pour parier. Maintenant, si des gens veulent s'en inspirer, et vu ce que les cotations des bookmakers affichent, le Portugal semble le bon cheval sur lequel miser. »