Jai Hindley, vainqueur du Giro : « J'ai fait comme si je n'avais qu'une balle dans le barillet »

Jai Hindley, vainqueur du Giro : « J'ai fait comme si je n'avais qu'une balle dans le barillet »

Vainqueur de son premier Grand Tour, Jai Hindley explique pourquoi il a attendu l'avant-dernière étape du Giro pour décrocher Richard Carapaz et définitivement balayer le souvenir douloureux de 2020.

« Comment avez-vous abordé ce dernier contre-la-montre ?

J'étais hyper nerveux, j'étais dans la même situation qu'il y a deux ans (où il avait endossé le maillot rose à la veille de l'ultime étape et l'avait perdu à l'issue du chrono final). Je n'aurais pas supporté de ne pas soulever le trophée cette fois-ci. Mais j'étais confiant. J'ai beaucoup travaillé le contre-la-montre ces derniers mois, j'ai travaillé en soufflerie en Californie cet hiver, et je savais que le parcours du jour me correspondait. Le but était de tout donner dans la première moitié du chrono, jusqu'au sommet de la bosse. Quand on m'a communiqué mon temps au sommet, je savais que je pouvais aborder la descente un peu plus tranquillement.

Avez-vous beaucoup repensé à ce qui vous est arrivé en 2020 aujourd'hui (dimanche) ?
Cela fait deux ans que j'y pense, pour être honnête. J'ai eu besoin de beaucoup de temps pour digérer cette défaite. Passer si proche d'une victoire sur un grand tour et tout perdre le dernier jour, c'était brutal. Ça m'avait fait vraiment mal. Ça a fini par devenir une source de motivation. Changer d'équipe (il est passé de DSM à Bora-Hansgrohe fin 2021) m'a permis de repartir sur de nouvelles bases. Et aujourd'hui, me voilà de nouveau avec le maillot rose, mais pour de bon cette fois-ci. Je ne réalise pas.

Comment avez-vous géré vos efforts sur ce Giro ? Vous avez donné l'impression de tout garder pour la dernière ascension, samedi au Passo Fedaia...
Il faut savoir calculer ses efforts sur un grand tour. Si tu t'engages un peu trop un jour, tu peux le payer cash le lendemain. Je ne peux pas dire que le plan était de tout garder pour le dernier jour(samedi), mais je savais qu'il serait difficile de faire des grosses différences avant. Le parcours qui nous était proposé ne le permettait pas. Au début de la troisième semaine, j'ai donc décidé de faire comme si je n'avais qu'une seule balle dans le barillet, et j'ai tenté de l'utiliser au mieux. Mais je ne sous-évalue pas la difficulté de ce Giro. On a passé 21 jours brutaux, rien n'a été facile.

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« On sous-estime à quel point c'est dur de quitter l'Australie pour faire sa carrière en Europe »

Mais vous n'avez eu aucun « jour sans » ...
C'est vrai. J'ai eu beaucoup de chance. Je n'ai eu peur qu'une seule fois, jeudi, lorsque j'ai crevé dans le final (de la 18e étape). Je n'avais pas vu que j'étais dans les trois derniers kilomètres et que j'allais donc être reclassé dans le même temps que les autres. Là, j'ai vraiment flippé... À part ça, je n'ai jamais eu de mauvais jour. Mais je dois dire que mes équipiers m'ont offert la victoire sur un plateau d'argent. Ils ont été phénoménaux. À 100 % derrière moi.

Vous êtes désormais le premier Australien vainqueur du Giro...
C'est fou. Petit, j'étais fan de Robbie McEwen, j'étais à fond lorsqu'il gagnait ses sprints sur le Tour de France avec son maillot de champion d'Australie. Et aujourd'hui, voir mon nom sur le trophée... Vous savez, ce n'est pas évident de devenir cycliste pro en venant de là-bas. On sous-estime à quel point c'est dur de quitter son pays pour faire sa carrière en Europe. Et puis, j'ai beaucoup parlé de mes déboires en 2021 (chutes, pépins de santé), mais dites-vous qu'aujourd'hui (dimanche), j'ai revu mes parents pour la première fois depuis deux ans et demi ! Avec les restrictions liées au Covid, je ne suis pas rentré à Perth depuis le début de la pandémie. J'ai tenté plusieurs fois de réserver un billet d'avion mais la compagnie l'a à chaque fois annulé. Ça aussi, ça m'a mis à rude épreuve. J'ai vraiment morflé ces derniers temps, mais ce maillot rose vient récompenser tous ces sacrifices. Quand j'ai appris que mes parents pouvaient venir à Vérone ce week-end, ça m'a bouleversé. À la fin de l'année, je vais rentrer au pays et profiter de chaque minute que je passerai là-bas.

Quels seront vos prochains objectifs cette saison ?
Je ferai peut-être la Vuelta. Et je rêve de faire les Mondiaux en septembre. Ce n'est pas tous les jours que tu as l'occasion de faire une telle course à la maison. Mais là, dans l'immédiat, je ne pense qu'à boire une bière... »

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