Le Japon impérial, les Bleus fanny en qualifications des Mondiaux de gymnastique

Le Japonais Daiki Hashimoto à Liverpool, le 1er novembre 2022. (MOLLY DARLINGTON/Reuters)

Le Japon du champion olympique Daiki Hashimoto a dominé les qualifications des Mondiaux, ce lundi à Liverpool. L'équipe de France, en reconstruction, a commis trop d'erreurs et échoue à la 14e place.

Drôle d'enchaînement de somptueuses performances et de tristes désillusions, tout au long des 13 heures de qualifications des hommes aux Mondiaux de gymnastique, qui étaient au programme de ce lundi à Liverpool. On rangera dans la première catégorie le Japon, éblouissant par équipe (260,695 pts, plus de 8 points d'avance sur les dauphins britanniques), mais aussi en individuel avec Wataru Tanigawa, en tête devant le champion olympique Daiki Hashimoto.


Hashimoto, Tanigawa et Yulo marquent les esprits

« Hashimoto est plus qu'un simple rival, nous sommes amis, et s'il produit les performances dont il est capable, je n'ai aucune chance, l'aîné des frères Tanigawa (26 ans). Pour la finale, je dois fixer des petites erreurs. Au saut, j'étais censé partir sur 6 pts de difficultés mais je suis parti à 5,6 pts. » Souffrant d'un poignet, Hashimoto a débuté avec une chute aux arçons, mais déployé ensuite l'étendue de son talent pour talonner son compatriote (84,665 contre 84,731). Seulement, les deux devront se méfier du Philippin Carlos Yulo, qui s'entraîne au Japon mais a fini sa préparation la semaine dernière à l'Insep. À la faveur d'un sol époustouflant (15,266 pts), le petit modèle de 1,50 m complète le podium provisoire avec un petit millième de retard sur Hashimoto (84,664).

Au-delà des Japonais et du Philippin, on appréciera l'efficacité britannique (2e par équipe, le champion d'Europe Joe Fraser 4e en individuel, Courtney Tulloch en tête aux anneaux) et américaine (3e par équipe), ou la fluidité d'un trio majeur aux arçons, composé de l'Irlandais McClenaghan, le champion du monde américain Nedoroscik et le Kazakh Kurbanov, tous au-dessus des 15 points. Et que dire du Chinois Zou Jingyuan aux barres parallèles, à des années-lumière de ses adversaires (15,70 pts).


La Chine dans le dur, la France poursuit sa reconstruction

La Chine intègre elle la catégorie des déceptions. Avec huit chutes, un athlète qui déclare forfait, elle dégringole à la 4e place. Ce qui ne signifie pas grand-chose pour la finale par équipe prévue mercredi, où les compteurs seront remis à zéro et le format modifié : des cinq gymnastes alignés, ce ne sont plus quatre qui passeront à chaque agrès pour trois notes comptabilisées, mais trois pour trois.

Quant à la France, dont on sait qu'elle reste en pleine reconstruction après sa non-qualification par équipe pour les Jeux olympiques de Tokyo, elle a commis beaucoup trop d'erreurs, notamment de la part de ses spécialistes, pour envisager autre chose que sa 14e place de ce lundi : Léo Saladino au saut qui commet une simple vrille et demie au lieu d'une triple, Cameron-Lie Bernard qui chute aux parallèles, Mathias Philippe qui lui emboîte le pas à la fixe et Benjamin Osberger aussi, à la fin d'un pourtant très joli mouvement aux arçons, ainsi qu'une chute de Paul Degouy sur l'ultime acrobatie de son sol. Le sol, justement, où les Bleues ont failli se consoler, Benjamin Osberger, 3e le mois dernier de cet exercice lors des Internationaux de France à Paris, butant d'un rien sur la finale. Neuvième, le néophyte endosse le rôle de premier remplaçant.

En revanche, cette promesse ne peut éclipser l'essentiel, ce 14e rang collectif ne suffit à assurer une place à la France pour disputer les Mondiaux d'Anvers (Belgique) en octobre 2023, qui seront qualificatifs pour les Jeux de Paris en 2024. Les Bleus devront valider ce premier ticket lors des Championnats d'Europe à Antalya (Turquie) au printemps prochain.


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