Jean-Eric Vergne, leader du Championnat du monde de Formule E : « Notre rival n°1, c'est nous ! »

Jean-Eric Vergne (J. Prévost/L'Équipe)

Déjà titré deux fois, Jean-Eric Vergne arrive à Monaco en tête du Championnat du monde de Formule E. Remobilisé après une saison 2021 décevante, le pilote DS-Techeetah vise une troisième couronne. Et la victoire en Principauté, ce samedi.

« Comment jugez-vous le développement de la notoriété Formule E ?
Le Championnat a décollé de manière extrêmement rapide et forcément c'était compliqué de continuer sur ce rythme. On allait obligatoirement connaître un plat et cela s'est calmé ces deux-trois dernières années. La période Covid a notamment été difficile pour la FE, qui l'a moins bien géré que la F1. Mais aujourd'hui quand je rencontre des gens, que je me présente et que je dis que je roule en FE, je suis toujours impressionné parce que tout le monde connaît. Mais je ne pense pas que tout le monde regarde les courses. Dans le milieu du sport auto, au début la FE n'était pas super bien perçue, tout le monde s'attendait à ce que cela disparaisse rapidement puis finalement beaucoup de constructeurs sont arrivés grâce à la dimension éco-responsable du Championnat et tout le monde veut venir en FE désormais ! C'est un revirement assez amusant.

Vous arrivez à Monaco dans la peau du leader du Championnat. La dynamique est bien différente de celle de la saison dernière, que vous avez conclue à la dixième place du Championnat. Comment l'expliquez-vous ?
L'an dernier, je n'étais pas trop à mon affaire à cause du format des qualifications, qui réduisait les chances de victoire à néant lorsqu'on arrivait sur une course bien placée au championnat. Ce n'était plus vraiment du sport mais de la loterie et c'était démotivant à mourir. Cette année, grâce au changement de règlement, il n'y a aucune excuse. Le travail sera payé et cela m'a boosté de savoir que je pourrai me battre pour la victoire sur tous les circuits. On est plus sereins que l'an dernier, on travaille mieux aussi, on s'attache à marquer le plus de points possible à chaque course tout en améliorant la performance de la voiture. C'est ce qui nous permet d'être en tête et pour le rester on va devoir continuer à travailler.

Jean-Eric Vergne

« Dans une course de FE, on ne peut pas rester à fond du début à la fin comme on le fait en qualif, on doit gérer l'énergie, cela multiplie les stratégies de course possibles et quand on lève le pied pour sauver de l'énergie le concurrent de derrière a plus de facilité à doubler qu'en F1 s'il décide de son côté de rester à fond »

On imagine que vous rêvez de vous imposer une deuxième fois à Monaco après 2019, mais vous ne devez pas perdre non plus votre objectif premier de décrocher le titre mondial en fin de saison et donc d'éviter toute erreur sur ce circuit exigeant. Comment allez-vous gérer cela ?
Il est possible de remplir les deux objectifs et c'est ce que je vais essayer de faire ! (il sourit)

La FE avait offert un grand spectacle dans les rues de Monaco l'an dernier. Pourquoi ce tracé est-il si favorable à vos monoplaces électriques ?
On a des voitures bien moins rapides que des F1 mais nos courses sont plus funs. Même en partant sixième on peut se battre pour la victoire. Dans une course de FE, on ne peut pas rester à fond du début à la fin comme on le fait en qualif, on doit gérer l'énergie, cela multiplie les stratégies de course possibles et quand on lève le pied pour sauver de l'énergie le concurrent de derrière a plus de facilité à doubler qu'en F1 s'il décide de son côté de rester à fond. Or tout ce que les fans retiennent à la fin de la course, ce n'est pas de savoir qui a le mieux géré l'énergie mais le fait qu'il y a eu du spectacle, des dépassements, des pilotes qui se doublent par l'extérieur, des bagarres au freinage. C'est ça qui est sympa en FE.

Jean-Eric Vergne

« Quand vous arrivez à Rome, sur une ligne droite qui n'en est pas vraiment une, en montée et en aveugle, bosselée dans tous les sens, il faut se battre avec la voiture dans tous les sens et c'est impressionnant à piloter. Je me fais peur parfois, plus qu'en F1 ! »

Comment voyez-vous la suite de la saison, avez-vous identifié un adversaire principal ?
Notre rival numéro 1, c'est nous. On n'a peut-être pas la meilleure voiture du plateau mais elle l'est suffisamment pour pouvoir se battre pour des podiums et pour le titre donc à nous de faire le nécessaire pour atteindre cet objectif en faisant les week-ends les plus cleans possible.

Un mot sur la Gen3, la voiture qui sera utilisée en course à partir de l'an prochain...
Elle est plus légère, plus petite, plus agile, va aller beaucoup plus vite, je pense qu'elle va être super sympa à conduire et que cela va contribuer à améliorer encore le spectacle. Ça va commencer à pousser mais comme on évolue sur des circuits beaucoup plus petits que la F1, je vous assure que c'est déjà le cas. Quand vous arrivez à Rome, sur une ligne droite qui n'en est pas vraiment une, en montée et en aveugle, bosselée dans tous le sens, il faut se battre avec la voiture dans tous les sens et c'est impressionnant à piloter. Je me fais peur parfois, plus qu'en F1 ! C'est sûr que la FE ne doit jamais retourner sur un circuit comme Valencia car sur ce genre de tracé on voit que les performances ne sont pas géniales, mais tant qu'on reste sur des circuits, ça nous donne du fil à retordre. »

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