Jean-Eric Vergne, sur la nouvelle Formule E : « Ça va être méga chaud »

Jean-Eric Vergne (J. Prévost/L'Équipe)

Champion en 2018 et 2019, Jean-Eric Vergne (DS Penske) attaque, samedi soir au Mexique, la 9e saison de Formule E au volant d'une nouvelle Gen3 qui promet beaucoup de sensations au volant.

« Comment présenteriez-vous cette troisième génération de Formule E qui fait ses débuts ce week-end au Mexique (E-Prix à 21 heures samedi sur La Chaîne L'Equipe) ?
Comme l'évolution de la FE qui, à chaque nouvelle génération, connaît des gros ''steps'' technologiques. Le plus gros step, c'est d'avoir un moteur à l'avant en plus de celui à l'arrière. On n'utilise pas les quatre roues motrices mais en revanche, on récupère énormément d'énergie sur les roues avant. On a aussi beaucoup plus de puissance (de 335 à 470 chevaux maximum) et un poids inférieur. C'est la même évolution qu'on connaît sur les voitures de route de Monsieur Tout le monde. A l'image de ce qu'était la F1 dans les années 80-90, la Formule E est devenue ce laboratoire pour tous les constructeurs qui se lancent dans l'électrique ou qui ont déjà électrifié leur gamme, comme DS. On sait que ce sont des technologies gagnantes qu'on met dans les voitures des clients.

Tous les circuits sont-ils adaptés à une augmentation de puissance aussi importante ?
Certains circuits vont être vraiment tendus pour nous. Je pense principalement à Rome, à la longue montée qui n'est pas vraiment en ligne droite, qui est bosselée et où on va arriver très vite. Ça va être méga chaud . Dans la Gen2, on arrivait à se faire peur à certains moments en fonction des circuits. En Gen3, ça va être souvent le cas, les virages vont arriver vite.

Le pilotage de cette nouvelle voiture est-il différent ?
C'est différent principalement à cause du pneu qui est complètement nouveau par rapport au Michelin (Hankook remplace la marque française avec un cahier des charges différent). C'est une gomme un peu plus plus dure, avec moins de grip. La voiture est assez à très difficile à conduire mais c'est la même chose pour tout le monde. A nous de trouver des solutions.

Ça semble plus complexe.
Oui, surtout au freinage. Maintenant, la pédale de frein ne représente plus vraiment la force qu'on met dans les étriers, ce qui a été le cas toute ma vie. Aujourd'hui, je pourrais presque freiner avec un bouton. Il y a tellement de régénération qu'on n'a presque plus besoin de disques à l'avant (ils ont déjà été supprimés à l'arrière), juste sur les gros freinages où la « regen » est saturée. Ce sont des choses encore un peu complexes aujourd'hui mais dans quelques temps, ce sera beaucoup plus simple avec une bien meilleure compréhension du système de freinage.

Le passage de Techeetah à Penske pendant l'intersaison a-t-il induit des changements ?
Non, ça ne change strictement rien pour moi. Je viens toujours dans la même usine, je travaille toujours avec les mêmes ingénieurs. J'ai un patron différent (Eugenio Franzetti, nouveau directeur de DS Performance) qui pour le moment est super. Il veut une chose, c'est gagner et si on lui prouve par A plus B que quelque chose peut nous aider, il ne pose même pas de questions. C'est ce que toute pilote cherche à avoir. »