Jean-Pierre Caillot (Reims) : « Les arbitres sont de plus en plus robotisés »

Suspendu de toutes fonctions officielles jusqu'à la fin de l'année 2022 par la commission de discipline de la Ligue, en raison de ses propos injurieux envers l'arbitre de Reims - Lyon, Jean-Pierre Caillot, le président du club champenois, regrette la forme de son comportement, mais maintient pleinement le fond de sa pensée.

Mercredi soir, la Commission de discipline de la Ligue a sévèrement sanctionné Jean-Pierre Caillot, le président du Stade de Reims, en le suspendant de toutes fonctions officielles jusqu'au 31 décembre, ce qui correspond à neuf matches, de la 8e à la 16e journée de L1, la sanction prenant effet à partir de mardi prochain.

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Et ce, sur la base du rapport de Jérémy Stinat, l'arbitre de Reims - Lyon (1-1, le 28 août), dénonçant des propos injurieux tenus à son encontre après le match par le président champenois. Ce dernier, dont les propos en question étaient bien sûr liés au fait qu'il était « excédé par ses décisions », avait ensuite déclaré devant la presse : « Il y a un problème avec l'arbitrage français. Ils font erreur sur erreur, ce sont toujours les mauvaises décisions du mauvais côté », pointant ainsi un « manque de cohérence ».

Caillot ne fera pas appel

Le manque de cohérence avait été assez flagrant lors de cette rencontre : M. Stinat, qui n'avait pas sifflé de penalty pour une faute de Rémy Riou sur Folarin Balogun semblant pourtant assez nette (32e), avait ensuite expulsé, certes logiquement, Dion Lopy pour un tacle dangereux sur Alexandre Lacazette (63e). Mais après avoir « oublié » d'exclure Maxence Caqueret, qui méritait sans doute un second carton jaune pour son intervention sur Junya Ito (55e), après celui dont le milieu de l'OL venait d'écoper pour une semelle sur... Lopy (48e).

« Mon audition a duré une bonne demi-heure, où j'ai été écouté, mais manifestement pas très bien entendu, vu la sanction (sourire)... », nous a raconté Jean-Pierre Caillot ce jeudi, précisant qu'il ne fera pas appel. Elle l'empêchera notamment de participer au prochain Conseil d'Administration de la Ligue, fin septembre, sachant qu'il est président du collège Ligue 1 (élu en septembre 2020, jusqu'en 2024), et à un dîner officiel avec Pascal Garibian, le Directeur technique de l'arbitrage et Eric Borghini, président de la commission fédérale des arbitres. « Mais cela ne m'empêchera pas de travailler sur les dossiers. »

Jean-Pierre Caillot, président de Reims

« Dans tous les groupes de travail mis en place à la Ligue, le seul qui n'avance pas, c'est le dossier de l'arbitrage »

En attendant, il a regretté devant la Commission « la forme » de sa réaction, « par rapport à l'exemplarité qui doit être donnée aux Ligues et aux Districts. » Mais il a « maintenu » ses opinions « sur le fond du problème » : « L'arbitrage n'est pas cohérent d'un arbitre à l'autre, ni d'un stade à l'autre. Que ce soit pour les penalties ou les cartons rouges, les mêmes causes ne créent pas les mêmes effets et il y a un total manque de psychologie. Je leur ai dit que je regrettais vraiment l'évolution de nos relations avec les arbitres, qui sont malheureusement de plus en plus robotisés. J'ai reçu beaucoup de messages de l'opinion publique, de joueurs et de présidents me disant que j'étais courageux de clamer tout haut ce qu'ils pensent tout bas depuis des années. »

« Cette sanction confirme simplement à mes yeux qu'on ne retient que la forme et qu'on ne s'attaque pas à la genèse du vrai problème, qu'il y a des sujets tabous et que je ne vois pas trop comment les choses vont évoluer. Avec l'arrivée de CVC (fonds luxembourgeois qui a investi 1,5 milliard d'euros dans le foot français), on est en train de repenser le produit football. C'était l'occasion que tout le monde se remettre en question. Dans tous les groupes de travail mis en place à la Ligue, le seul qui n'avance pas, c'est le dossier de l'arbitrage... »

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