JEU DECISIF - Le roi et le renard…

Le monde du tennis a chanté tout le week-end les louanges de son roi Federer et de sa Laver Cup, tandis qu’à Metz, un renard a suivi les balles à la trace…

Je dois le dire, j’ai été un peu ahuri par le flot de réactions ultra enthousiastes concernant la Laver Cup. Du calme ! A en croire certains, Federer et sa bande avaient quasiment réinventé ce jeu en trois jours. Et le double, où le Suisse était associé à Rafael Nadal, quel moment historique, les deux plus grands joueurs de tous les temps du même du côté du filet, waouh ! Non mais c’est une blague ou quoi ? Si les deux héros avaient tant envie que ça de jouer ensemble en double, pourquoi ne l’ont-ils pas fait avant lors d’un tournoi officiel ? En plus de dix ans de carrières communes, ce ne sont pas les occasions qui manquaient. Aller croquer un titre en Masters 1000 et montrer aux spécialistes de la discipline de quel bois ils se chauffent, ça aurait eu une gueule certaine, mais là… Alors, oui c’est sympa de les voir évoluer ensemble, mais il faut garder une certaine mesure.

Je ne suis pas aveugle : cette première édition est une réussite, avec des joueurs concernés et un parfois un super niveau de tennis, mais rappelons quand même que ce n’est pour le moment qu’une super exhibition vachement bien empaquetée et richement dotée. Seul le temps nous dira si cette épreuve peut gagner sa légitimité. Je ne sais pas si c’est votre sentiment mais en lisant les commentaires -même d’anciens joueurs- j’avais l’impression que certains s’interdisaient de critiquer ou surjouaient leur enthousiasme, simplement parce que c’est Federer qui est aux manettes. Ne froissons pas le maître. N’insultons pas l’avenir. Tout ça n’est pas bien grave, certes, mais dénote tout de même d’un certain état d’esprit.

Aux démonstrations de joie un brin théâtrales des vainqueurs de la Laver Cup, j’ai préféré les larmes de Benoit Paire battu en finale du tournoi ATP de Metz. Des larmes qui en disaient long une fois de plus sur le combat intérieur que mène ce joueur pour dompter ses émotions sur un court de tennis. Remarquable dans ce domaine en quarts de finale contre David Goffin, impérial en demi-finales, il s’est auto-consumé en finale face à un adversaire à sa portée, Peter Gojowczyk, 95e mondial et sorti des qualifications. Mais l’Allemand qui disputait sa première finale ATP à 28 ans, a su, lui, trouver un bien meilleur relâchement…

Un petit mot aussi sur l’utilisation à Metz pour la première fois du Foxtenn, un nouveau système d’arbitrage vidéo, désormais concurrent du Hawk-eye. Le Renard contre le Faucon, donc. Au-delà des quelques pépins techniques bien compréhensibles pour un lancement et de la -parfois- relative lenteur avant l’apparition de l’image sur les écrans ou à la télévision, ce système qui est l’oeuvre d’une société espagnole, est bluffant. Plus précis que le Hawk-eye et sa marge d’erreur de 3 mm, il propose aussi une image vidéo au ralenti -et non pas recréée graphiquement- du rebond de la balle, de son point de contact au sol. Image qui rappelle d’ailleurs ce que la télévision américaine proposait à l’US Open sur la ligne de fond il y a quelques années. Et franchement, à de très rares exceptions, sans doute en raison d’un effet d’optique, on se rend compte parfaitement de la validité ou non de la dite balle. Foxtenn, moins cher parait-il à installer que le Hawk-eye, sera de retour sur le circuit ATP à Anvers dans trois semaines et, promet son fondateur Javier Simon, « beaucoup en 2018 ». Voilà un outil qui ne ferait pas tache à la Laver Cup, la fameuse épreuve qui révolutionne le tennis….


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