JEU DÉCISIF - Nadal est-il encore seul sur terre ?

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Le numéro un mondial, pourtant à court de compétition, aborde la saison sur terre battue en favori. Comme toujours.

Au printemps, le fan de tennis ressemble à s’y méprendre au héros d’un film que vous avez sans doute vu : Un jour sans fin. Vous savez, c’est l’histoire de ce type qui revit toujours la même journée. Dans notre cas, ce n’est pas la même journée mais bien des mêmes événements depuis une grosse décennie maintenant : Nadal va tout bouffer sur l’ocre. Et je ne suis pas ici pour blâmer le numéro un mondial de régner sur cette surface avec autant de poigne -si ce n’est pour annihiler toute forme de suspense -mais bien pour saluer une performance qui, le temps passant, devient de plus en plus ahurissante.

Je ne veux pas aller plus vite que la musique, bien sûr, mais même à court de compétition en raison d’une blessure à la hanche qui l’a écarté du circuit depuis son abandon à l’Open d’Australie, le Majorquin, bientôt 32 ans, s’avance bel et bien en grand favori de la terre. Sur sa simple prestation en Coupe Davis contre l’Allemagne la semaine passée, où il concassé Philipp Kohlschreiber et Alexander Zverev alors qu’il retrouvait la compétition, Nadal a épaté tout son monde. Et d’ores et déjà (re) marqué son territoire. La terre, c’est chez moi !

Voilà pourquoi, on se demande si l’Espagnol va croiser un ou des adversaires susceptibles de le faire douter ou même de le battre, à Monte-Carlo cette semaine, ou dans un mois et demi à Roland-Garros. Allez-y, cherchez bien… Moi, je ne vois pas. Je ne vois plus, en fait.

Sauf pépin physique, Nadal est sans doute sur la voie d’un onzième titre à Monte-Carlo comme à Roland-Garros. Objectivement, au regard de l’histoire du tennis, de l’engagement physique et mental nécessaires à la pratique de ce sport au plus niveau d’excellence, ça dépasse presque l’entendement. Plus fort encore : il répété ces tours de force année après année tout en slalomant entre les blessures.

Nadal est hors-norme, certes, mais il faut aussi reconnaitre qu’il a été comme abandonné par ses « potes ». Roger Federer ne veut plus entendre parler de terre battue. Andy Murray se remet gentiment de son opération à la hanche. Stan Wawrinka galère depuis son intervention au genou. Novak Djokovic, qui l’a parfois tant fait sur cette surface, tente de panser son blues ou ses bobos, on ne sait plus très bien. Et comme la nouvelle génération ne brille qu’épisodiquement, comme l’an passé à Rome où Dominic Thiem avait battu Rafa et Zverev avait remporté le titre, Nadal continue d’avoir un horizon somme toute assez dégagé sur la Côte d’Azur ou Porte d’Auteuil. Tout ce qu’il aime…

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