JEU DÉCISIF - Sur un air de French Touch

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La France manque de centres d’entrainement de haut niveau. Qu’à cela ne tienne ! L’ancien pro Charles Auffray, avec sa French Touch Academy, s’attaque à la relance du fameux centre du Cap d’Agde. Sacré pari.

Alors que se dispute cette semaine l’Open Sud de France de Montpellier, tournoi ATP 250, l’occasion est belle d’évoquer le Languedoc-Roussillon, terre historique de notre tennis dont Pierre Barthès et Richard Gasquet ont été deux des plus beaux fleurons. Car il se passe des choses dans la région : le célèbre centre de tennis du Cap d’Agde, incarné par Barthès justement dans les années 70 et 80 est en train d’être relancé.

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Pourquoi évoquer ce sujet ? Parce qu’il touche à une thématique mystérieuse concernant le tennis français : pourquoi la FFT n’a jamais monté de structure digne de ce nom dans le Sud de la France afin d’y installer ses jeunes pousses, notamment pour les faire jouer sur terre battue toute l’année ? L’objectif premier n’est-il pas qu’on trouve enfin un successeur à Yannick Noah ? Noah, d’ailleurs, parlons-en ! Où a-t-il été formé ? Au Nice LTC, dans le Sud donc, où la FFT, via Jean-Paul Loth et Patrice Beust, avait monté une structure d’entrainement, conjointement avec le Lycée du Parc impérial, situé juste en face. Ce tennis-études, qui a donc donné à la France un vainqueur en Grand Chelem, aurait pu servir de base au grand camp d’entrainement du tennis français. Il n’en a rien été.

Un super lifting pour le Cap d’Agde, une redynamisation complète via la French Touch Academy, une structure pilotée par Charles Auffray, ex-190e joueur mondial, et son associé Julien Bercovici. En entendant cette nouvelle, cela m’a fait penser à ces rendez-vous manqués du tennis français avec le Sud de la France. Mais ce n’est pas -encore- le sujet. Il s’agit avant tout pour Auffray et son équipe de (re)lancer ce grand centre de tennis, une volonté portée par la municipalité. « Notre objectif est de monter la première académie d’Europe dédiée aux sports de raquette avec pour activités majeures le tennis et le padel, explique Charles Auffray. Dès cet été nous aurons des vrais courts en terre-battue « naturelles » ainsi qu’un terrain multi-sports en gazon synthétique. En janvier 2020 nous inaugurerons une nouvelle halle indoor de 4000m2 qui abritera des terrains en dur, terre-battue (8) ainsi que des padels. Un resort avec un résidence hôtelière quatre étoiles sera édifié pour l’été 2021. Nous aurons un Campus réservé aux jeunes et aux groupes et enfin un centre médico-sportif pensé pour les athlètes de haut-niveau, nos stagiaires et bien sûr la clientèle locale. »

On le voit, l’ambition est grande avec, au programme, à partir d’avril 2019, des stages, des événements, de l’entrainement pour les pros et des tournois grand public (Tennis Pro Cup fin août et National Tennis Cup fin octobre) ou professionnels, le tout, sous la direction sportive de Bastien Fazincani.

Mais Auffray connait son affaire. Il avait installé une première académie, l’ISP Tennis Academy de Sophia Antipolis de 2003 à 2013, avant de fusionner avec la Patrick Mouratoglou Tennis Academy en 2014, structure dont il fut le directeur général pendant trois ans. Les deux centres, Sophia et le Cap d’Agde, se ressemblent. Et alors ? Il est formidable de voir que sur le sol français, des outils d’entrainement de très haut niveau se développent. Il faut notamment pouvoir rivaliser avec les centres d’entrainement américains, le plus souvent situés en Floride. C’est d’ailleurs non loin d’Orlando que l’USTA a aussi ouvert un giga-centre avec une centaine de courts. L’Espagne voisine n’est pas en reste non plus à l’image, entre autres, de la Rafa Nadal Academy à Majorque.

Et dans quelques temps, une fois sa structure sur les rails, comment Auffray envisage-t-il l’avenir concernant ses rapports avec la Fédé. « Si la FFT a besoin de nous, on répondra présents avec plaisir. J’ai moi aussi personnellement des choses à rendre au tennis et à la FFT. Si je suis là aujourd’hui, c’est en partie grâce à mes belles années au CNE, aux aides que j’ai eues, et je ne peux pas l’oublier. Mais la FFT n’est pas la seule fédération à qui nous pourrions ouvrir nos portes. Pourquoi ne pas être un camp de base avancé pour des fédérations lointaines du type Australie, Japon, Chine, et permettre à leurs joueurs de venir s’entrainer chez nous lors de tournées en Europe »? Bonne chance et à bon entendeur…

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