JEU DECISIF - Un Murray sans filtre

Le Britannique est perdu quant à la façon de gérer sa blessure à la hanche. Il ne s’en cache pas et ravive notre part d’enfance.

©Instagram andymurray

Les joueurs de tennis, et les sportifs professionnels d’une manière générale, aiment à manier la langue de bois. Dire sans rien dire, tourner autour du pot, faire languir la presse ou les fans, bref, ouvrir le robinet d’eau tiède, une température qui rassure leurs responsables de communication, stressés rien qu’à l’idée d’un possible dérapage.

Et puis dans cette grisaille, parfois, un éclair. Parce que la situation l’exige, parce qu’il n’y aurait pas de sens à faire semblant, parce que la sincérité et la vérité sont bien évidemment les meilleurs médias.

Ainsi, en livrant son désarroi concernant sa récurrente blessure à la hanche, dans un long message sur Instagram, Andy Murray a fendu l’armure. Magnifiquement, ai-je envie de dire, même si ce n’est pas très approprié dans sa situation. Celui qui trônait à la première place mondiale il n’y a pas encore si longtemps, avoue ne plus savoir par quel sens prendre ce problème. Doit-il être opéré, synonyme d’une longue inactivité, et sans aucune assurance de succès semble-t-il, ni de pouvoir retrouver un jour son niveau? Doit-il attendre encore un peu ou jouer blessé sous infiltrations ?

Mais au-delà de ces questions, plane entre les lignes, l’idée que sa carrière approche peut-être de son terme alors qu’il fêtera ses 31 ans en 2018. Aucun champion ne veut jeter l’éponge sur blessure, et surtout pas Murray, ce passionné, cet amoureux de la compétition. Une relation quasi charnelle avec son sport dont il a pris plus conscience encore lors de ces semaines d’absence. Il y en a qui ont fait du tennis un métier. D’autres pour qui cela reste avant tout un jeu, une source intarissable d’émotions.

Le sport est un moyen magnifique de ne jamais effacer la part d’enfance qui sommeille toujours en nous. En choisissant d’agrémenter son texte d’un portrait de lui enfant, Murray ne nous dit pas autre chose. A 30 ans, désormais dans l’expectative, et malgré une carrière en or, le voilà comme à dix, mu encore par une irrépressible envie d’en découdre, de jouer. Et de vibrer. En attendant, c’est lui qui nous fiche des frissons…

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