Jeux méditerranéens: Djamili Aboudou, ou Paris 2024 au bout des gants

© CNOSF / KMSP

Assuré d’obtenir au minimum une médaille de bronze, le boxeur français Djamili Aboudou sera sur le ring mercredi 29 juin pour une place en finale lors de sa deuxième participation aux Jeux méditerranéens. Celui qui rêvait de Tokyo 2020, ne veut cette fois pas passer à côté de Paris 2024.

De notre envoyé spécial à Oran,

Le souffle court, Djamili Aboudou a chassé les coups, et remporté son quart de finale devant un public survolté, de quoi lui assurer au minimum une médaille de bronze à Oran pour sa deuxième participation aux Jeux méditerranéens. À Tarragone en Espagne en 2018, il était reparti avec le bronze. Cette fois, le champion de France dans la catégorie des poids super-lourds en 2016, 2017, 2018, 2019 et 2021, a bien l’intention de renverser la table pour obtenir l’or.

Expérience et gestion de la pression

Mais dans la tête de Djamili Aboudou, c’est bien Paris 2024 qui le fait toujours avancer. Le médaillé de bronze aux championnats d'Europe 2017 ne cache pas ses ambitions, vivre l’expérience unique des JO. C’est d’ailleurs un sujet de conversation récurrent avec son ami Sofiane Oumiha, qui avait obtenu l’argent à Rio en 2016. « Il me raconte cette expérience incroyable et ça me fait rêver », lâche-t-il au lendemain de son combat, l’esprit clair et le corps reposé. Mardi 28 juin, ce sera la demi-finale et un pas de plus vers une première médaille d’or internationale.

« Ici, c’est un peu des "petits JO". Il y a eu une cérémonie d’ouverture qui nous a donné des frissons, avec un stade plein à craquer. Le public est tellement enthousiaste que cela donne encore plus de motivation. » Ajoutant : « Dans la salle de boxe, le peuple algérien est là. Les gens crient et motivent les athlètes, ça fait plaisir. » Djamili Aboudou se sent loin de l’ambiance de Tarragone. Il faut dire qu’à Oran, c’est souvent la bousculade pour trouver une place dans les gradins. Mais tout ce brouhaha ne l’intimide aucunement. Djamili Aboudou a de l’expérience et sait gérer la pression.

Faire oublier les mauvais résultats de Tokyo

Le boxeur s’entraîne à l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep) toute l’année. Depuis 2020, il a les JO en tête. Blessé au biceps en avril 2019, il n’avait pas été retenu pour le Tournoi de qualification olympique de Tokyo, au profit de Mourad Aliev. Djamili Aboudou avait eu beau collectionner les titres à l'échelon national, il s'était fait griller la politesse et avait dû laisser son art de l’esquive au vestiaire. Les cinq boxeurs engagés au pays du Soleil-levant avaient tous été éliminés, alors que la France avait ramené six médailles de Rio 2016.

Si Djamili Aboudou, qui aime la lutte et le judo, a passé son tour pour Tokyo, il compte bien profiter de « l’adrénaline » et « du stress » qui le poussent à monter sur un ring pour briller à domicile avec les couleurs de la France en 2024, lui dont les parents sont arrivés en provenance des Comores il y a une trentaine d’années.

Né à Grande-Synthe en 1996, Djamili Aboudou a débuté le Noble Art à 14 ans et la compétition deux années plus tard. « Ce que j’aime, c’est me retrouver sur le ring, face à mon adversaire, pour donner le meilleur de moi-même. À Paris, on va tenter de faire oublier les mauvais résultats de Tokyo. »

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