Les Jeux Paralympiques 2024 veulent s'inspirer de Londres 2012

Michaël Jeremiasz estime que les Jeux Paralympiques peuvent attirer les (télé) spectateurs. (E. Garnier/L'Équipe)

Lors d'une table ronde dédiée aux Jeux Paralympiques 2024 durant le festival « Demain le Sport », les athlètes et les organisateurs ont cité en exemple l'organisation de Londres en 2012.

Alors que le COJO de Paris 2024 a voté pour l'organisation de la cérémonie d'ouverture des Jeux Paralympiques du côté de la place de la Concorde, en attendant la validation de l'IPC, une table ronde sur l'événement était organisée ce jeudi au festival « Demain le sport ». Avec l'intitulé suivant : « Les Jeux Paralympiques 2024, à la hauteur des Jeux de Londres ? ». Avec une nuance apportée d'entrée par Craig Spence, porte-parole du Comité international paralympique IPC) : « Je peux dire que s'il n'y avait pas eu la pandémie, les Jeux de Tokyo auraient sous doute dépassé les Jeux de Londres. Le gouvernement, la ville, les sponsors, les diffuseurs, tout le monde a pris conscience de l'importance des Paralympiques et s'est impliqué. »

Channel 4 s'était beaucoup investie à Londres

Pour Lambis Konstantinidis, directeur de la planification et de la coordination des Jeux Paralympiques 2024, Paris veut s'inspirer de l'anticipation appliquée bien avant l'édition de 2012 : « Les Jeux de Londres, c'était déjà la prise de conscience du comité d'organisation que les Paralympiques n'étaient pas un événement annexe. Pour cela, ils l'ont mis en avant bien en amont des Jeux. On a réussi à construire l'engouement avant et au moment des Jeux, ce n'était pas la découverte, c'était la fête ! »

Un succès dû notamment à l'engagement très fort de la chaîne britannique Channel 4, principalement via sa campagne « Rencontrez les superhéros ». Ce poids médiatique avait notamment marqué Pauline Déroulède, championne de France de tennis en fauteuil : « Je me souviens vraiment de la communication où on remerciait les paralympiques. C'est ce que j'ai retenu de ces Jeux, il y avait cette unité et zéro différence. La culture du handicap est installée dans la société anglaise et on aimerait l'avoir en France. Par le sport, je pense qu'on peut faire passer beaucoup de messages. À Paris aussi, il faut montrer tous les sports. La notion de rendez-vous est très importante, pour cela, il faut notamment raconter des histoires en amont. »

Michaël Jeremiasz, porte-parole des Bleus à Rio

« Tout ce qui peut permettre d'unir, de rapprocher, on prend. On n'a jamais été aussi proches entre le CIO et l'IPC en vue de Paris 2024 »

Mais aussi pendant les directs de l'événement, avec un accord déjà clé en France, comme l'a rappelé Lambis Konstantinidis : « On souhaite une excellente diffusion, c'est pour ça qu'on va quasiment la tripler par rapport à Tokyo grâce à un partenariat avec France Télévisions ».

« On a entendu à une époque que le public n'était pas prêt à voir des athlètes handicapés, à la télé ou dans les stades, a rappelé Michaël Jeremiasz, champion de tennis en fauteuil et porte-drapeau à Rio. Depuis Londres, Channel 4 s'est spécialisée dans la diffusion du handisport, avec toujours des records d'audience, mais aussi sur la BBC qui retransmet Wimbledon depuis 2005... comme n'importe quel tennis. Nous, on est présent pendant les tournois du Grand Chelem, il y a déjà des événements qui sont pratiqués ensemble. Sur les JO et les Paralympiques, qu'on se serve d'un ou deux événements très précis, comme un 100 m, pour le faire également. Tout ce qui peut permettre d'unir, de rapprocher, on prend. On n'a jamais été aussi proches entre le CIO et l'IPC en vue de Paris 2024, ce n'était pas le cas il y a 30 ans où le CIO ne voulait pas entendre parler de nous. Il faut trouver l'angle pour amener les gens dans les stades ou devant leur télé. Cela fera de l'audience si on le vend bien ! »