Jeux Paralympiques - Athlé (H) - Timothée Adolphe voit plus loin que sa médaille d'argent aux Jeux Paralympiques de Tokyo

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Le Français Timothée Adolphe (31 ans), désormais vice-champion paralympique non-voyant sur 100m (T11), est déjà prêt à progresser pour briller lors des Mondiaux de Paris en 2023, et bien sûr aux Jeux l'été suivant. « Que représente cette médaille ?
Timothée Adolphe : C'est un aboutissement de dix ans de travail, auquel beaucoup de personnes ont contribué. Que ce soit sur le plan sportif, médical, amical, familial... En tant que compétiteur, forcément, on voulait mieux, on cherchait l'or. Mais, aujourd'hui (jeudi), je pense qu'on est à notre place. Le Grec (Athanasios Ghavelas) a montré qu'il était très chaud. On l'était aussi, on a élevé le niveau. On l'avait dit hier (mercredi, après la demi-finale), il fallait monter en température. On l'a fait mais pas suffisamment (2e en 10''90, il a amélioré de 9 centièmes son record personnel). Mais il n'y a pas à être déçu, à rougir de cette course. Il y a deux jours, notre chrono aurait été un record du monde. Le niveau en T11 est en train d'exploser, c'est très bien pour la discipline. Il y a une grosse densité. C'est ce qui fait que cette médaille a une belle saveur aussi. « Des déceptions comme ça, ça ne se digère pas. Il faut savoir vivre avec » Bruno, comment était Timothée avant cette finale ?
Bruno Naprix : Il était concentré. Motivé. Il était bien, il avait envie d'en découdre. Comme moi. Oui, l'adrénaline et le stress sont là, par rapport à tout ce qui a pu se passer auparavant, mais on a réussi à faire abstraction de tout ça. Voilà le résultat... Très content de cette médaille, on est abonné à l'argent. Pour moi, c'est un plaisir. Surtout aux Jeux. lire aussi Timothée Adolphe enfin en argent Justement, comment avez-vous fait abstraction de la disqualification en série du 400m ?
T.A. : Des déceptions comme ça, ça ne se digère pas. Il faut savoir vivre avec. Ça restera là. Comme celle de Rio. Avec le recul, je ne peux pas dire que je l'ai digérée (il avait été disqualifié sur 400m pour avoir mordu la ligne intérieure de son couloir). Celle de Londres non plus (le guide avait franchi la ligne avant lui aux Mondiaux de 2017). Il faut savoir analyser les erreurs qu'on commet pour ne pas les reproduire. Mais, avec Jeffrey (Lami, son guide sur le 400m), ce n'était pas une erreur. C'est un fait de course. La veille, on a checké le sac avec les dossards, le lien, le patch... Tous les points de règlement. Ce n'est donc pas de la suffisance, juste un fait de course. Il y a de la sueur, le lien n'est pas antidérapant, ça glisse... Il fallait laisser tout ça au village olympique. Timothée étant perfectionniste à l'extrême, a-t-il déjà pointé des améliorations possibles ?
B.N. : Il m'a parlé d'un début de crampe...
T.A. : C'est surtout que... On a beau avoir travaillé les cadences ces dernières semaines, on en manque sur la fin de course. Est-ce que ça aurait suffi pour gagner la course ? Ce n'est pas dit.
B.N. : Il a quand même trouvé quelque chose donc...
T.A.
: Mais il faut se projeter. Il y a de très belles échéances qui arrivent. Des Mondiaux à Paris en 2023, chez nous (la France est seule candidate mais l'attribution n'est pas officielle), les Jeux ensuite. « C'est une médaille, elle est vraiment collective » Comment voyez-vous la suite justement ?
T. A. : Les Grecs ont été plus forts que nous aujourd'hui, mais ils savent qu'on reste un danger. Il faudra être solide dans les années à venir. Il y a deux ans, il (Athanasios Ghavelas) n'était pas dans notre catégorie. Il est arrivé, il a bousculé les codes, il a montré qu'il fallait augmenter les doses, accélérer pour rester performants. On l'a fait. C'est très bien ! lire aussi Toute l'actu des Jeux Paralympiques Malgré tout, on peut imaginer que le 400m reste votre priorité, non ?
T. A. : Ça fait mal, le 400... (il grimace) Après tous les sacrifices, tout ce qu'on a mangé pour être fort ici, et ce qu'on a pris ce week-end... J'ai du mal à me projeter sur 400. En fait, ça fait ch... qu'il n'y ait pas de 200m (au programme paralympique), c'est la discipline qui me conviendrait le plus. Maintenant, on est solide sur 100 et 400m, ce qui s'est passé n'entache pas la confiance que j'ai en Jeffrey (Lami) qui est resté mobilisé avec nous, qui a fait toutes les séances de blocks (départ). Cette médaille, elle est aussi pour lui. Pour Arthémon (Hatungimana, son entraîneur) qui a vécu toutes les désillusions avec moi depuis dix ans. Les autres guides aussi, ceux qui sont restés à la maison, tous les autres qui m'ont accompagné à un moment ou un autre. C'est une médaille, elle est vraiment collective. »

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