Jeux Paralympiques - Natation - Ugo Didier, médaillé d'argent sur 400 m aux Jeux Paralympiques de Tokyo : « Je prendrais ma revanche à Paris »

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Jeune homme brillant, Ugo Didier (19 ans) savoure sa médaille d'argent décrochée sur 400 m. Et s'il en vise encore deux à Tokyo (100 m dos et 200 m 4 nages), il donne surtout rendez-vous pour les Jeux de Paris 2024. « Quels sont vos sentiments après cette médaille d'argent ?
Ils sont bons. Même très bons. Avant d'arriver, l'objectif était d'améliorer tous mes temps. Pour l'instant, c'est fait sur 400 m de 4 secondes (4'11''33). Je suis très content. Je me rapproche du premier nageur qui fait record paralympique. Maintenant, la médaille est un bonus. Un bonus qui n'est pas négligeable. Je vise trois médailles, j'espère que ça va réussir. Au-delà, je suis content de ma course, d'avoir pu participer à ma première finale paralympique, content d'avoir pu lancer l'équipe de France de natation, et générale aussi après la belle médaille au cyclisme. Après la série, vous disiez que vous aviez de l'appréhension. Comment aborde-t-on sa première finale paralympique ?
En passant par les séries, justement. J'ai très mal dormi cette nuit, on a très mal dormi dans la chambre (qu'il partage avec Alex Portal, en finale du 100 m papillon à 12h50 en France). Un peu de stress forcément. Les séries se sont déroulées de manière rassurante. Après, j'ai pu me reconcentrer sur mes objectifs de temps et de médaille. Grâce à mes copains nageurs, grâce au staff, j'ai pu penser à autre chose et tout ça m'a mis dans les meilleures conditions possibles. Il y avait du stress mais surtout beaucoup de plaisir, avant, pendant et après la course. lire aussi L'insatiable Ugo Didier prépare les Jeux Paralympiques de Tokyo plein d'ambitions Comment avez-vous vécu la course ? Pour être honnête, vous sembliez un peu gringalet entre les deux Australiens...
Absolument. Déjà, le 400, c'est une course que j'affectionne particulièrement. Une course un peu longue. On a le temps de jauger les autres, de se faire jauger par les adversaires. De poser sa nage. J'ai eu de bonnes sensations. J'ai senti que je maîtrisais ma nage. J'ai senti aussi que je pouvais aller chercher l'or. Bon, ça ne s'est pas fait, ça se fera à Paris j'espère. Mais je garde les bonnes sensations de glisse, bien sur mes appuis, et j'espère encore mieux dans trois ans à Paris. Malgré le décalage horaire, vous avez été en contact avec la France ?
Oui, entre les deux courses, j'ai eu ma famille. J'ai aussi été en contact avec mon coach personnel, on débriefe toujours après les courses. On a parlé de la stratégie pour la finale. Stratégie qui n'a pas forcément été mise en place. Mais ça a marché. En fait, ma stratégie était de partir avec les autres, mais si je voyais qu'au bout de 100 m, la course ne s'emballait pas, je devais partir. Quelqu'un l'a fait à ma place ligne 6. J'avais la consigne d'essayer de me mettre dans sa vague et de le suivre pour le grappiller à la fin en espérant qu'il craque. Il n'a pas craqué. J'ai donné tout ce que j'avais pour essayer de le dépasser. Je prendrais ma revanche à Paris. lire aussi Ugo Didier, les Paralympiques de Paris en tête En série, ce n'est pas William Martin mais l'autre Australien, Alexander Tuckfield (3e) qui vous a devancé...
J'ai été surpris pendant la finale que la course se passe à ma gauche, à l'extérieur. Je m'attendais à ce que ça se passe ligne 3 et 4, que ça parte plus vite. J'aurais peut-être dû me coller un peu plus tôt sur la ligne 6. Mais je n'ai aucun regret. Que représente cette médaille après le titre européen de début juin, sachant que le 400 m n'était pas l'objectif majeur ?
C'est devenu une des priorités avec le 100 m dos. Les deux courses que j'avais vraiment ciblées. Le 400 m, c'est une course que j'aime beaucoup, à l'entraînement, en compétition. C'est de la fierté. L'aboutissement de ces cinq années de travail. On a eu une dernière saison loin d'être facile avec la fermeture de notre piscine. On a dû s'arranger avec mes deux clubs, le Cercle des nageurs de Cugnaux et les Dauphins du TOEC pour trouver des créneaux sur d'autres piscines. lire aussi Toute l'actualité des Jeux Paralympiques Comment rebasculer maintenant sur vos autres courses ?
J'ai quand même quatre jours avant le 100 m dos. Ça me laisse un laps de temps à maîtriser, en positif comme en négatif. Ça peut être un piège quatre jours d'attente. Il ne va pas falloir que je me perde. Il va falloir que je cherche à développer de la vitesse. Là, on était plus sur un travail foncier, avec beaucoup de puissance sur les bras. Et là, il va falloir basculer sur de la vitesse, de l'explosivité, tout en gardant cette puissance dans les bras pour être le meilleur possible sur 100 m dos. »

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