JO - Équitation - « Plus de larmes qu'à Rio » pour la France, médaillée de bronze du concours complet par équipes à Tokyo

·4 min de lecture

Michel Asseray, DTN adjoint, déroule le scénario qui a permis au trio de cavaliers français de décrocher la médaille de bronze par équipes aux JO de Tokyo, ce lundi, cinq ans après l'or à Rio. « Pouvez-vous nous parler du dénouement de cette dernière épreuve de saut d'obstacles ?
C'est un peu un scénario au forceps, on savait que ça allait être tendu car la concurrence est rude, que les Néo-Zélandais (4e au classement provisoire juste derrière les Français) n'allaient pas lâcher comme cela. C'est vrai qu'on était tendu car on ne sait jamais comment les chevaux récupèrent de l'épreuve de cross (dimanche), on a vu que c'était une épreuve éprouvante. lire aussi La France médaillée de bronze Comment les avez-vous préparés ?
On s'est bien occupé de nos chevaux, on les a fait marcher, bien rafraîchis, promenés toute la journée hier (dimanche) pour les avoir au mieux. Je crois qu'ils étaient bien prêts pour le saut d'obstacles, ils étaient pleins d'énergie. On a vu Totem (de Brecey, le cheval de Christopher Six) qui a mis le paquet sur chaque saut et c'est vraiment un très bon sauteur. Après le sans-faute de Nicolas Touzaint, Karim Laghouag a fait tomber une barre qui vous coûte quatre points.
On demandait des sans-faute mais quatre points, c'est vite arrivé. Karim sait gérer. Après, on ne voulait pas qu'il en fasse une deuxième. Il a beaucoup de savoir faire pour gérer son cheval et il nous a tellement apporté, c'est quand même lui qui balance l'équipe avec sa démonstration hier (dimanche). On a vraiment misé sur le cross, c'est rare que l'on fasse cinq reconnaissances. Thierry (Touzaint sélectionneur national) voulait vraiment préparer au mieux cette épreuve et on a vu que c'était bien maîtrisé. lire aussi Laghouag : « Une chance inouïe » Christopher Six, qui est passé le dernier avait donc la pression ?
Christo, c'est son premier vraiment très grand championnat dans l'équipe. Il avait une grosse pression de rentrer dans le stade pour aller chercher une médaille. Quand il est rentré, on lui a donné l'information que le Néo-Zélandais (Tim Price qui le précédait) venait de faire trois barres (12 points de pénalités). Ça lui a donné un peu de confort. On savait que le cheval de Christopher est un bon sauteur et on voulait que ça fasse du panache. Donc on lui a dit va faire ton sans-faute et c'est ce qu'il a réalisé. Après l'or à Rio, le bronze à Tokyo...
Cette médaille est presque plus dure que celle de Rio. On est parti un peu plus loin au dressage, on était deuxième derrière les Allemands à Rio, là on est parti neuvième. On est resté solidaire et je pense que c'est important. On s'est dit qu'on n'était pas si loin et que nos chevaux étaient prêts pour le cross. On a décidé de ne pas trop regarder le classement et demandé aux cavaliers de ne pas trop regarder les réseaux sociaux. On leur a dit : coupez vos téléphones, on a un coup à jouer sur le cross. « La cerise sur le gâteau serait une médaille avec Christopher (en individuel) » Vous n'êtes donc pas déçus ?
J'ai l'impression qu'il y a eu plus de larmes qu'à Rio parce que ça s'est joué à la fin. Quand vous faites une médaille aux Jeux, allez en refaire une et allez rencontrer les trois meilleurs couples du monde par pays pour finir sur un podium, ce n'est pas si facile. Ça s'est joué à pas grand-chose, il a fallu ne rien lâcher et le détail a fait que l'on a pu accrocher cette médaille qui nous remplit de joie. Vous avez semblé très très soudés pendant ces quatre jours.
On avait un groupe, on y croit. Nous six, Thierry Touzaint et moi et les quatre cavaliers car Tom (Thomas Carline qui a déclaré forfait lundi dernier) ne nous a jamais lâchés. On a pris tous nos petits-déjeuners ensemble, tous nos repas, on ne s'est jamais séparés. Quand c'est dur et compliqué, être un groupe nous aide à surmonter les petits coups. On a toujours dit on ne va pas lâcher, on a un coup à jouer et on savait qu'on avait de bons sauteurs de jumping. Ça nous a réussi mais le mental était très important sur la compétition. Un dernier mot sur Christopher Six ?
C'est le clone de Thierry Touzaint (sourire). Il ne parle pas beaucoup. Christopher est réservé mais je pense qu'il est en train de vivre un truc de malade. Il y a un coup à jouer en individuel (la finale individuelle se tient dans la foulée). La cerise sur le gâteau serait une médaille avec Christopher. »

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles