JO 1924 - 2024 - De 1924 à 2024, un siècle de 100 m, épreuve reine des JO

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De 1924 à 2024, un siècle de 100 m en images. 1924 : ce n'était pas compliqué le 100 m des débuts. « Ne pensez qu'à deux choses, le coup de pistolet et le fil d'arrivée, partez de toutes vos forces jusqu'à atteindre la ligne. » dixit Sam Mussabini, coach du Britannique Harold Abrahams, le plus véloce des engagés. 1928 : pour Pierre de Coubertin, la femme n'était guère l'avenir de l'homme. « Une olympiade féminine serait impratique, inintéressante, inesthétique, et nous ne craignons pas d'ajouter : incorrecte. » Le baron n'est pas entouré que de misogynes. L'Américaine Betty Robinson, 16 ans, sera à jamais la première. 1932 : la suprématie afro-américaine s'installe. Eddie Tolan (1er, n°461), dit « orteils scintillants » ou Ralph Metcalfe (2e, n°445) dit « l'Express de Marquette » ? Le chrono est le même. Au bout de quelques heures une nouveauté les départage, le film d'arrivée. 1936 : le verdict des chiffres est rarement contestable. Jesse Owens, né à Oakville, Alabama, est bien l'homme le plus rapide des Jeux de 1936 (et peut-être de l'histoire). 1948 : le novateur George Simpson avait raison trop tôt. Dès 1929, il planta deux blocs de bois dans la cendrée pour caler ses pieds. Il faudra une décennie pour que la Fédération d'athlétisme légalise le procédé, et dix de plus pour que le starting-block soit autorisé aux Jeux. Harrison Dillard (vainqueur) et ses compères n'utilisèrent donc pas de truelle pour creuser leurs trous de départ. Juste un marteau pour bien enfoncer l'attirail. 1960 : elle avait tout contre elle : elle avait ouvert les yeux dans le Sud américain ségrégationniste, elle portait une prothèse pour soulager sa jambe gauche touchée par la polio... Wilma Glodean Rudolph, dix-septième d'une famille de vingt et un, fit de ses handicaps, une force démoniaque et féline. À Rome elle triomphe sur 100 m, 200 m et 4 x 100 m. Elle sera à jamais « la perle noire ». 1964 : De Hayes à Hines, la grande bascule de la surface. Le premier, peut-être le sprinteur le plus dominant de l'Histoire, labourant de sa foulée surpuissante la cendrée de Tokyo en 1964. 1968 : Hines, volant au-dessus du tartan, en 1968, flashé en chrono électrique dans l'air rarefié de Mexico. Il est l'homme qui a brisé le mur. Moins de dix secondes. La norme est établie. 1972 : il faudra un concours de circonstances pour voir un Blanc dominer un Noir. Le Soviétique Valéry Borzov, pur produit d'un athlétisme très technique et très scientifique, lève les bras devant un peloton dépeuplé. Les Américains ont oublié l'heure des quarts de finale se fiant à un vieux programme. Borzov a toujours clamé qu'il aurait gagné quand même. 1984 : il voulait égaler Jesse Owens, il le dépassera, au moins en nombre de médailles (neuf). Carl Lewis, sublime sauteur d'abord, coureur aussi, hautain peut-être, mais qui une fois déplié son grand compas, incarne à lui seul l'esthétisme marié à la vitesse. 1988 : il reste toujours convaincu que s'il avait été Américain, il serait sorti propre des JO. Au jeu du pas vu pas pris, Ben Johnson le Canadien testostéroné a perdu. Il a levé le doigt trop haut. 1988 : de quelle planète débarquait Flo-Jo, dans sa combinaison fluide from outer-space ? Sa mort, prématurée, à 38 ans, n'a pas aidé à décrypter l'honnêteté de ses 10''49 au 100 m et de ses 21''34 au 200 m. Une comète inexpliquée et dérangeante. 2000 : c'était trop beau, trop tableau parfait. La si délicieuse Marion Jones, reine souriante de Sydney, irradiée par ses cinq médailles. CJ, son mari lanceur de poids, lanceur d'alerte involontaire a parlé, condamnant MJ à la destitution pour dopage puis à la prison pour parjure. Elle aurait peut-être dû rester au basket. 2008 : et la foudre s'est abattue. En 41 foulées, le géant surpuissant de 1,96 m, né au nouveau pays du sprint, où le sport est encore une ascension sociale, a laissé la concurrence dans le monde d'avant, enchaînant trois lignes droites légendaires, complétant sa moisson sur le demi-tour de piste et en relais, pour devenir inégalable. Son record, 9''58, est gravé, sauf si les nouvelles chaussures sont appelées à propulser la discipline dans une ère techno. 2021 : le clan italien, en regardant la Vierge, évoque un miracle, et les miracles ça ne s'expliquerait pas. Un jour peut-être, dans un confessionnal, on apprendra comment Marcell Jacobs, qui un an plus tôt n'était pas encore descendu dans le monde des moins de dix secondes, a surpris, en 9''80, toute la planète et lui aussi. Carbone aux pieds. Le 100 m est bien un roman d'époque. 2021 : ce n'est pas seulement un défilé proposé par les meilleurs coiffeurs afros des Caraïbes. Sous les belles apparences, se cache une domination outrancière : depuis quatre olympiades, les Jamaïquaines trustent les titres avec les remakes de Shelly-Anne Fraser et Elaine Thompson.

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