JO 2020 - Athlé - Renaud Lavillenie, après le report des Jeux de Tokyo : « 2021, c'était une évidence »

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Président de la commission athlète de World Athletics, le champion olympique Renaud Lavillenie se satisfait de la décision de reporter les JO en 2021, la seule solution viable à ses yeux. Confiné chez lui, à Clermont, depuis une semaine, Renaud Lavillenie explique ce mardi avoir accueilli avec une forme de soulagement la décision prise conjointement par le gouvernement japonais de Shinzo Abe et le CIO d'acter le report des JO 2020 à Tokyo en 2021. C'était, selon le président de la Commission Athlètes de World Athletics et le champion olympique à Londres en 2012, la meilleure solution, celle que préconisaient ses pairs. « La décision de reporter les JO en 2021 a-t-elle votre soutien et celui des athlètes que vous représentez ?
Absolument ! On a eu une conférence téléphonique avec la Commission des athlètes (de World Athletics) et Sebastian Coe (le président), hier (lundi), et on s'apprêtait à faire un communiqué expliquant que tous les athlètes, sur tous les continents, étaient affectés dans leur préparation. Les conditions d'entraînement ne sont tout simplement pas viables, nulle part, pas seulement en Europe. En plus, tout le monde n'est pas entré dans la pandémie et, entre les premiers et les derniers à en sortir, il pourra y avoir entre trois et six mois à mon avis, ce qui était très compliqué à gérer. En plus, on demandait aux athlètes de s'entraîner coûte que coûte avec les moyens du bord, au risque de se blesser et sans pouvoir se soigner, en tout cas en bricolant, ce qui n'est pas bon à haut niveau sur la durée, tout ça pour une compétition quasi-fantôme. Il y avait donc une évidence. On a proposé les trois plans aux athlètes, automne 2020, 2021 ou 2022, la très nette majorité optait pour 2021. C'est clairement la meilleure solution, c'était presque la seule. Pourquoi ?
2020 n'avait pas de sens pour plusieurs raisons : 1. On a vu les risques de typhon pendant la Coupe du monde de rugby à l'automne dernier au Japon ; 2. On n'a aucune certitude sur la date de fin de la pandémie et 3. L'incertitude demeurait totale pour la préparation. En 2021, tout le monde sera a priori dans les mêmes conditions. Et puis, par rapport à des fins de carrière, 2022 était trop loin. Moi, par exemple, je me dis que je peux encore être compétitif en 2021, mais en 2022, ça sera plus dur. Et puis, c'était trop près de Paris 2024. Avoir six ans puis deux ans entre deux éditions des Jeux n'aurait pas de sens. Renaud Lavillenie, à propos des Championnats d'Europe de Paris prévus du 25 au 30 août « Le problème de la reprise de la saison des compétitions reste entier » Pensez-vous que les Championnats d'Europe, prévus du 25 au 30 août à Paris-Charléty, pourront eux avoir lieu ?
On n'en a pas encore parlé car tout était lié aux JO et à la décision du CIO. Pour Charléty, le problème de la reprise de la saison des compétitions reste entier. Imaginons qu'elles reprennent au 1er juillet mais sans autorisation de voyager, donc seulement en France entre Français, ce serait mieux que rien mais cela suffirait-il à l'échelle du continent ? Je pense quand même que ce Championnat sera plus facile à déplacer, s'il le faut, que l'énorme usine des JO. Le CIO ayant tranché, on va gagner en visibilité. À quel genre d'été 2020 vous attendez-vous ?
Ce pourrait être une première sans grand Championnat si Charléty est reporté. Les non-Européens ont l'habitude d'un été off tous les quatre ans (les années paires non-olympiques, années d'Euro), nous jamais. Je me dis que pour un gars comme Mondo Duplantis, en pleine bourre, il y a matière à avoir les boules. Mais la priorité était clairement la situation sanitaire globale. Tout le monde est logé à la même enseigne. Et dans mon cas, même si j'ai fait la 3e perf mondiale de l'hiver et que ça revenait pas mal en vue de Tokyo, ça peut être l'occasion de laisser souffler mon corps et récupérer après quatre années éprouvantes mentalement et physiquement. »

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