JO 2024 - Tony Estanguet sur les JO 2024 à Paris : « Pas de signal d'alerte »

L'Equipe.fr
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Tony Estanguet, président de Paris 2024, a fait le point sur les chantiers des Jeux parisiens avec Nicolas Ferrand, directeur général de la Solideo, lors d'une audition mercredi au Sénat. « On n'organise pas les 33es Jeux de l'histoire. La France veut proposer un nouveau modèle de Jeux pour faire bouger les lignes », a rappelé Tony Estanguet, mardi matin dans l'hémicycle du Sénat. « Nous avons la conviction que le sport est un vrai outil au service des Français », a poursuivi le patron du COJO, accompagné de Marie Barsacq, directrice de l'Impact et de l'Héritage, pour répondre aux questions des sénateurs de la Commission de la culture, de l'éducation et de la communication. Son président, Laurent Lafon (Union Centriste), a annoncé la création d'une mission d'information sur les Jeux de Paris 2024. Également auditionné, Nicolas Ferrand, directeur général de la Solideo (société de livraison des ouvrages olympiques), a confirmé le lancement de 32 chantiers d'ici à la fin de 2021, sur les 62 ouvrages à livrer, qui mobilisera 9 000 salariés pour un montant de travaux de 750 M€. Jusqu'ici tout va bien « Malgré les deux confinements, nous sommes dans le calendrier que nous avons posé il y a trois ans », a rappelé Nicolas Ferrand. « Nous avons du temps et pouvons absorber les aléas et la crise si elle ne s'éternise pas » a-t-il poursuivi en précisant qu'il n'était « pas inquiet » sans être complètement « serein ». Le directeur général a souligné que le budget de la Solideo de 3,2 Mds € avait été actualisé en fin d'année 2020 avec 1, 386 M€ d'argent public et 1,7 Mds € d'argent privé venant des promoteurs qui construisent les ouvrages, les louent au COJO pendant les Jeux et les transforment ensuite. « Tout est sécurisé sauf un bâtiment pour lequel nous sommes en discussion pour 2025 et qui représente une incertitude d'un montant de 250 M€ » a expliqué Nicolas Ferrand faisant allusion à l'un des bâtiments du village olympique. « Malgré le contexte, on continue de porter notre ambition. On va solliciter 150 000 emplois et ce sont près de 4 Mds € d'argent privé qui seront injectés dans l'économie » a indiqué de son côté Tony Estanguet. « Il n'y a pas de signal d'alerte sur notre programme marketing de partenariat » a poursuivi le triple champion olympique en rappelant que 53 % du 1,1 milliard d'euros de recettes sponsoring étaient sécurisés. « On est dans le temps de passage de Londres 2012 qui est la référence » a-t-il souligné. Le patron du COJO a confirmé l'objectif de boucler deux tiers des recettes sponsoring à la fin de l'année 2021. 30 minutes Amélie Mauresmo, ancienne joueuse et capitaine des équipes de France de Fed Cup et Coupe Davis, est la marraine du programme 30 minutes de sport par jour, porté par le COJO et le ministère des Sports et mis en place dans 1 100 écoles volontaires. La billetterie des Jeux Interrogé sur la billetterie des Jeux de Paris 2024, Tony Estanguet a expliqué : « On est associé aux différents travaux de Tokyo depuis trois ans maintenant et on a des points réguliers de travail avec les équipes du comité d'organisation pour partager avec eux la dernière ligne droite, qui a été rocambolesque et qui l'est encore ». Si le comité japonais a annoncé qu'il n'y aurait pas de spectateurs étrangers, il a « toujours l'ambition d'avoir une jauge importante de spectateurs nationaux » a-t-il poursuivi. « Il est trop tôt pour Paris 2024 d'arrêter un modèle sur le programme de billetterie. On a commencé à regarder mais ce qui est intéressant c'est que quand on réduit le nombre de spectateurs, on réduit les dépenses en lien avec la sécurité, la restauration, les transports... » a reconnu Tony Estanguet. Il a rappelé que le COJO était toujours sur une hypothèse prudente de 85 % de remplissage. « Si on devait réduire la voilure en nombre de spectateurs, les dépenses seraient également réduites », a-t-il ajouté en précisant travailler avec le comité d'audit, présidé par Jacques Lambert, sur une « cartographie des risques ». « On va avancer sur différents modèles en espérant travailler sur une hypothèse enthousiaste de billetterie », a-t-il conclu. Le casse-tête des transports Le triple champion olympique et le directeur général de la Solideo n'ont pas su répondre aux nombreuses questions des sénateurs sur les transports mais ils ont précisé certains points. « En 2016, quand on a construit notre dossier de candidature, on s'est calé sur la carte du Grand Paris Express, on n'a jamais demandé quoi que ce soit », a rappelé Tony Estanguet. « Si les lignes 16 et 17 (qui doivent desservir le Bourget) ne sont pas au rendez-vous, on regarde les différentes options pour acheminer les spectateurs » a-t-il poursuivi en expliquant que le COJO était responsable de l'acheminement des athlètes et des personnes accréditées mais pas des spectateurs. Sur la ligne 16, Nicolas Ferrand a reconnu être inquiet « sur la capacité à aller jusqu'au Bourget » mais n'avoir pas plus d'éléments. « Sur la ligne 14 et la desserte entre Orly et Pleyel par la RATP, on devrait y arriver. La structuration de la porte Pleyel devrait être assurée pour les Jeux Olympiques et Paralympiques » a estimé le directeur général. La Solideo est responsable des voies olympiques qui représentent près de 90 km linéaires pour un investissement de 37 M€, a rappelé Nicolas Ferrand. La société est aussi en charge du « dernier kilomètre » à savoir les accès aux sites des épreuves. Quant à la « problématique du vélo », portée par la ville de Paris et la région Ile-de-France, il a indiqué qu'une réflexion était en cours sur l'aménagement de parkings à vélos pour les spectateurs car, pour l'instant, ces parkings ne sont pas prévus.