JO - Athlé (H) - « Un sentiment d'accomplissement » pour Kevin Mayer, médaillé d'argent du décathlon aux JO de Tokyo

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Le Français Kevin Mayer était plus que jamais fier de sa médaille d'argent sur le décathlon des Jeux Olympiques de Tokyo, acquise ce jeudi malgré sa blessure au dos. « Quelle saveur a cette médaille d'argent ?
C'est la saveur du guerrier, du phénix qui renaît de ses cendres. C'est un sentiment d'accomplissement que j'ai rarement eu. Quand tu donnes tout et que tu n'es qu'à 95 % de tes performances, à part les deux épreuves où ce n'est pas un sprint à fond... Le reste, je n'ai pas pu m'exprimer une seule seconde. Franchement, c'était l'enfer. L'enfer de A à Z. Par contre, (j'ai ressenti) un énorme plaisir à la hauteur et au javelot. C'était fabuleux. Mais le reste, ce n'était que douleur, attente et stress. lire aussi Le classement final du décathlon aux JO de Tokyo À quels moments en particulier ?
J'ai attendu le javelot pendant six heures en me disant que si je ne mettais pas dix mètres à (Pierce) Lepage et (Ashley) Moloney, ça allait être très dur sur le 1 500 m. J'étais en stress pendant six heures. Le fait de sortir ce javelot-là(73,09 m), avec les jambes, la fatigue, le dos et le mollet que j'avais, je vous assure, c'était l'un des plus beaux moments de ma vie. Je fais du sport pour ces moments-là. Le dos, le mollet... Qu'est-ce qui allait physiquement finalement ?
Je me suis bloqué le dos une semaine avant (le début des JO). J'ai fait zéro athlé pendant une semaine, zéro musculation. Forcément, le corps, quand il n'a rien fait et qu'il se retrouve face à un décathlon, ça tire partout, c'est normal. Le mollet, c'était musculaire. Quand je prends des anti-inflammatoires, je ne sens pas la douleur donc j'y vais plus fort. Malgré ce lumbago merdeux... C'est un truc con, je me suis baissé, ça s'est bloqué après le voyage. Mais physiquement, cette année, j'ai vraiment remis les choses à leur place, je n'ai plus aucune limite. Kevin Mayer « C'était vraiment impossible pour moi de terminer ce décathlon, je n'en reviens toujours pas. C'est un bonheur énorme » Qu'auriez-vous pu accomplir sans cette blessure ?
Regardez les performances en hauteur et en javelot : ça aurait été partout comme ça. Sans vouloir me la péter. Je savais que j'avais de quoi être en bataille avec (Damian) Warner (le nouveau champion olympique). Et même s'il faisait 9 000 (points), je savais que je pouvais aussi y aller. Cela vous frustre-t-il ?
Non. Je suis tellement fier d'avoir fait médaille d'argent dans ces conditions ! Avant-hier (mardi), je me disais : ''Peut-être que je ne vais pas commencer le déca.'' C'était vraiment impossible pour moi de terminer ce décathlon, je n'en reviens toujours pas. C'est un bonheur énorme. Ça ne se voit peut-être pas de l'extérieur, mais je suis en train d'évoluer en tant qu'athlète pour aller chercher des choses vraiment très grandes. Ça prend du temps, mais putain, le jour où ça va sortir... C'est un peu sorti à la hauteur, c'est beaucoup sorti au javelot. Ce n'est que le début. L'or à Paris en 2024 ?
Je sais que j'ai le potentiel pour faire médaille d'or. Tokyo était un grand objectif, Paris l'est encore plus. Une médaille d'or olympique a plus de valeur que le reste, mais le point central de pourquoi je fais de l'athlétisme, c'est parce que je kiffe ça. Tout ce que je veux, c'est me faire plaisir. » lire aussi Toute l'actualité des JO de Tokyo

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