JO - Foot (H) - André-Pierre Gignac, attaquant des Bleus : « La marche était trop haute pour nous »

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Capitaine des Bleus éliminés des Jeux Olympiques après leur défaite contre le Japon (0-4), André-Pierre Gignac constate que la compétition était trop difficile pour la France, affaiblie par de nombreux désistements. « Vous aviez de grandes attentes avant les Jeux, et ils ont été difficiles jusqu'au bout...
C'était compliqué de A à Z, il faut dire ce qui est. On a essayé, on a tout donné, mais les équipes sont prêtes, collectivement, et physiquement. Il n'y a pas d'excuses à avoir mais on a vu aujourd'hui une équipe à la maison, qui veut gagner les Jeux, et qui a amené un gros groupe, comme le Mexique l'a fait. On a été à la hauteur seulement une mi-temps lors de ces Jeux, la seconde contre l'Afrique du Sud (4-3, dimanche). Quand tu prends onze buts, ce n'est pas facile, et on a vu que prendre au sérieux les Jeux, c'est important. Ça fait mal, car ce groupe a envie et donne beaucoup de choses, et au final il n'y a rien pour nous car les autres sont meilleurs. lire aussi La France, giflée par le Japon, est éliminée des Jeux Olympiques Vous sentez-vous victime d'un système qui vous dépasse, à cause des clubs qui ont refusé de lâcher leurs joueurs ?
Je ne veux pas trouver d'excuses. J'ai dit que je partais à la guerre avec ce groupe, et je le fais jusqu'à la fin. Mais j'espère qu'en 2024, comme c'est à la maison, ils vont faire l'équipe qu'il faut pour aller le plus loin possible. Bâcler des Jeux comme ça et mettre en difficulté ton pays, ce n'est pas terrible. Regrettez-vous d'être allé dans cette galère ?
Jamais de la vie. C'est la seule compétition qui me manquait, j'avais envie d'aller loin, on y croyait. Mais quand en face, c'est plus fort que toi, il n'y a rien à faire. Toute ma carrière, j'ai eu l'honneur de porter ce maillot. En plus, quand tu es parti depuis six ans au bout du monde et qu'on te rappelle, c'est spécial. Je suis fier d'avoir fait cette aventure avec ces garçons, on a vraiment tout donné, mais la marche était trop haute pour nous. Il y aura toujours une déception car quand on est compétiteur, on a envie de tout casser et d'au moins rivaliser. Sur le premier match (contre le Mexique, 1-4) et le dernier, ça n'a pas été le cas. On est à notre place.

Avez-vous eu peur d'être ridicules aujourd'hui ?
Ça va vite, on prend un rouge, ils se trouvent les yeux fermés... Collectivement c'est très fort, ils travaillent depuis juin ensemble, alors qu'on nous a enlevé un stage en Espagne, un match de préparation contre la Côte d'Ivoire, et on a joué un seul match amical, qu'on a gagné en Corée du Sud (2-1). Après ce match, on avait des illusions mais en compétition, les mecs sont dans une autre mentalité, et les Coréens viennent de battre 6-0 le Honduras. La compétition, ça ne pardonne pas. Ces Jeux resteront-ils un bon souvenir ?
Pour le passionné de sport que je suis, c'est un rêve. J'ai l'esprit olympique, l'envie de partager ça avec les gars, avec le bâtiment France au village. Après la victoire contre l'Afrique du Sud, on est entrés en salle de soins avec tous les kinés des autres sports, c'était un moment fantastique. Mais on ne peut pas garder seulement les bons souvenirs. J'avais envie de faire quelque chose... « Quand on voit ici six joueurs de l'équipe d'Espagne, qui est allée en demi-finale de l'Euro, on voit les patriotes... » Avez-vous un message à délivrer aux instances en vue de Paris 2024 ?
Je n'ai même pas de message car pour 2024, ils auront l'équipe et les joueurs qu'il faut, car ils seront libérés puisqu'on est en France. Quand on voit ici six joueurs de l'équipe d'Espagne, qui est allée en demi-finale de l'Euro, on voit les patriotes et ceux qui... Ce n'est pas terrible... Mais pas d'excuses, car j'ai dit que j'allais au feu avec ces gars-là. Depuis le début, je suis avec ce groupe, je n'échangerais contre rien au monde ce qu'on a vécu ensemble mais on va dire qu'ils nous ont mis un peu des bâtons dans les roues. Mais les plus hautes instances vont leur taper sur les doigts, et il n'y aura plus de bâtons dans les roues en 2024. Pouvez-vous viser les Jeux à Paris, puisque vous jouerez encore ?
Je vais jouer jusqu'à 40 ans mais je vois Antoine (Griezmann)qui est beaucoup derrière l'équipe de France sur Twitter, se positionne, Kylian (Mbappé) a dit qu'il voulait les faire et on verra bien qui est le troisième... Voilà, c'était une belle aventure, mais quand la marche est trop haute, elle est trop haute. Avant le match contre le Japon, on y a cru, je pensais qu'on pouvait le faire mais quand tu vois leur équipe se mettre en place, c'est compliqué. Quand tu prends onze buts en trois matches, c'est trop dur. »

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