JO - Guillaume Massard (GL Events) : « Les Japonais ont été exemplaires » dans la gestion du report des JO de Tokyo

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Directeur général du groupe GL Events à Tokyo, acteur majeur des grands marchés de l'événementiel, et président du Club Sport Japon (rassemblant les entreprises françaises impliquées dans les Jeux), Guillaume Massard a vécu le report des JO de Tokyo au plus près. Il loue la capacité d'adaptation des hôtes. GL events intervient, depuis Albertville 1992, en tant que General Contractor et prestataire de services sur plusieurs sites olympiques notamment pour la conception et construction des infrastructures temporaires aux Jeux : tentes, conteneurs, bâtiments modulaires, tribunes temporaires... L'entreprise a ouvert son bureau tokyoïte en 2017 en vue de la Coupe du Monde de Rugby et des Jeux de Tokyo ; une aventure olympique nipponne de près de cinq années, dont les deux dernières totalement chamboulées par la pandémie. Guillaume Massard, son directeur général, a donc suivi de très près la gestation de ces Jeux particuliers. lire aussi Ouverture des JO de Tokyo : la fête malgré le Covid et le huis clos « Comment avez-vous vécu le report des Jeux si on revient au printemps 2020 ? Il y a eu tout de suite beaucoup de questions car c'est la première fois que les JO sont reportés. Que faire des infrastructures déjà installées et celles en cours d'installation ? Nous sera-t-il imposé de tout démonter? Va-t-on pouvoir stocker dans nos entrepôts ? Quid des contrats en cours, des coûts engagés, de l'immobilisation du matériel pour une année supplémentaire? La décision des instances japonaises est arrivée assez vite, à l'été 2020. Ç'a été au cas par cas. Sur certains sites, nous avons pu laisser les infrastructures sous condition de les renforcer pour éviter tout problème lié aux contraintes climatiques et sur d'autres, nous avons dû démonter et les stocker dans nos entrepôts à Tokyo. Les challenges étaient de toutes sortes: humains, car certains de nos collaborateurs étrangers éloignés de leur famille avaient prévu de rester 6 mois et non 2 ans, contractuels, logistiques et financiers. Avec le recul, nous avons l'impression de faire deux Jeux Olympiques en l'espace de moins de deux ans. « Là où une grande marque aurait fait venir 150 clients, membres du board et personnel, ils ne viennent plus qu'à 30 Ce qui a occasionné, à votre échelle, des frais supplémentaires. Comment s'y est pris le comité d'organisation? Les Japonais ont été exemplaires. La priorité du TOCOG (Tokyo 2020) a d'abord été de sécuriser tous les sites (comme le village olympique qui doit devenir un bien immobilier public) pour l'été 2021, et sécuriser les fournisseurs comme nous pour s'assurer que nous serions en mesure de reconstruire en 2021. D'un autre côté, aucune entreprise japonaise ne s'est retirée, ce qui montre la cohésion et l'engagement des entreprises nipponnes au niveau national autour de ces Jeux (malgré un certain désaveu du grand public). lire aussi Le programme des JO Pendant cette année 2021 comment avez-vous pu rebâtir alors que le Japon était quasiment en autarcie ? Une fois la partie contractuelle réglée, effectivement, il fallait à nouveau reconstruire les infrastructures et c'était le challenge numéro un. Nos équipes sont restées mobilisées à 100% et ont su garder le cap malgré l'incertitude et rumeurs autour des JO. Normalement, GL Events fait venir des superviseurs pour accompagner nos équipes et la main oeuvre locale sur les chantiers. Ce n'était pas possible à cause des restrictions d'entrée au Japon. Nous avons donc dans un premier temps formé la main d'oeuvre locale à distance et, ensuite, pendant les phases de construction, nos superviseurs du monde entier, tantôt d'Amérique du Sud ou d'Europe, nous envoyaient en temps réel, grâce aux différents outils de partage en ligne, des commentaires, des conseils. C'est la découverte d'un nouveau monde et il y aura un avant et après. « Espérons qu'à travers cette crise, de vrais liens se seront tissés entre le Japon et l'étranger Avez-vous mesuré l'impact du report sur la réduction de la taille de l'événement ? Non pour la partie infrastructures temporaires nécessaires pour l'organisation des épreuves olympiques. Au niveau des sponsors et des comités olympiques nationaux, oui. Là où une grande marque aurait fait venir 150 clients, membres du board et personnel, ils ne viennent plus qu'à 30. Pareil pour les Maisons des pays qui devaient accueillir les familles des athlètes, les VIP, faire des petites expositions temporaires pour mettre en valeur les entreprises de leur pays. Cette année, ce ne sera pas possible. Pour beaucoup d'entreprises françaises, la route a été longue, parfois éprouvante. Les Jeux de Tokyo resteront, c'est sûr, une expérience inédite. Espérons qu'à travers cette crise, de vrais liens se seront tissés entre le Japon et l'étranger, au prisme d'un monde entrepreneurial nippon où il est difficile de s'adapter, voire de percer certains mystères. » lire aussi Que sait-on de la cérémonie d'ouverture ?

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