JO - Snowboard - Halfpipe (H) - Shaun White, 4e des JO : « Je n'y crois pas que ce soit fini »

À 35 ans, le triple champion olympique Shaun White a conclu sa carrière étoilée avec une 4e place aux JO de Pékin. « Fier » de son parcours, très ému mais toujours compétiteur, l'Américain revient sur son ultime compétition en halfpipe. « À quoi pensez-vous en ce moment ?
À ma mère. J'ai eu mon premier snowboard grâce à elle. Je rentrais de l'école et je lui en demandais un. Et un jour, elle est rentrée dans l'école avec un snowboard. Elle a tout interrompu pour me donner ma board. Et à partir de là, c'était une mission. J'avais quelque chose à prouver. Mon sport a été plutôt mal compris. Je devais prouver quelque chose. (il craque). Je suis juste fier de ça, de toutes les étapes sur ma route. J'aime ce sport si fort, même les pires moments à l'hôpital, ou être près de gagner, ressentir l'agonie de la défaite. Trois (titres) en cinq (JO), ce n'est pas mal ! Je voulais plus aujourd'hui (vendredi), c'est sûr. Mais je suis fier de ce que j'ai fait. Je pense que si j'avais réussi à être troisième, j'aurais voulu être deuxième (rires). C'est juste le feu en moi, je suis un compétiteur. Mais 4e, c'est bien. J'essaie de profiter de chaque seconde. lire aussi Shaun White tire sa révérence, Ayumu Hirano champion olympique Et ce dernier run ?
C'était dur de tomber. J'étais si près. Je suis fier d'être la depuis plus de 10 ans et d'être si proche du podium aujourd'hui. À ce point, il n'y a pas d'agonie, juste du bonheur. Je suis triste que ma famille ne soit pas là. Aussi triste que je suis de dire au revoir, je suis aussi soulagé. Je ne serai plus en haut du pipe, stressé à l'idée de me faire mal, à me pousser tout le temps. J'aurais aimé que Jake soit là (Burton, un pionnier sur snow décédé en 2019) (il craque). Il m'aurait fait un gros câlin et dit qu'il était fier. Mais c'est assez. C'est l'heure de tourner la page et voir la suite. « Voir enfin ces jeunes me surpasser, je pense qu'au fond, ça a toujours été ce que je voulais. Me faire battre, pour enfin partir. » Le contest était fou ce vendredi, ça vous rend fier ?
Oui, ça me rend émotif. Tout le monde me demande ce que mon héritage dans ce sport sera. Il n'y a qu'à regarder. Voir enfin ces jeunes me surpasser, je pense qu'au fond, ça a toujours été ce que je voulais. Me faire battre, pour enfin partir. Ayumu (Hirano), Scotty (James), Jan (Scherrer, les trois médaillés)... Quels runs ! Ce triple (cork, une première historique) était le plus gros du jour, je sais qu'il le voulait. C'est son moment et je suis vraiment heureux pour lui. Même à l'entraînement, je les encourageais. Ayumu, ce n'est pas facile d'être le dernier à s'élancer et sortir un run pareil, donc chapeau à lui. C'est un vrai athlète, qui fait du skate et du snowboard. Je lui souhaite le meilleur. Dans ma carrière, à chaque fois, je me disais ce je peux faire de plus gros, de plus technique, de plus innovant ? Quand je vois ce niveau, je me dis que c'est fou. Je ne suis pas surpris de voir des triple, je ne serai pas surpris de voir des 16 (quatre rotations et demie) un jour. Ils poussent le sport et c'est beau. Vous faites partie des athlètes encore au top après 35 ans...
Je ne vais pas vous mentir, je voulais ce moment et ce podium à la Kelly Slater (la légende du surf a gagné à Hawai à 50 ans) (rires). Comme Tom Brady (jeune retraité de 44 ans) aussi... C'est dur de sortir de la lumière, regarder ma carrière. J'ai été au top de mon sport si longtemps. Je vais appeler Tom et lui demander ce qu'il va faire (sourire). Je suis content de tourner la page. J'aimerais avoir ma propre famille, faire grandir la marque que j'ai créée avec mon frère Whitespace. Je ne veux plus battre ces gars maintenant, je veux les sponsoriser (rires). Je veux les aider, aider ces jeunes, à partir de mon expérience. Je serais honoré d'avoir un coup de fil de n'importe qui souhaitant un peu de soutien ou des conseils. J'aime ce sport, j'ai envie de faire partie de ce sport, de n'importe quelle manière que ce soit. Ce sport m'a tant donné.... Je n'y crois pas que ce soit fini, c'est fou.. Je suis fier de moi, de ma carrière. J'ai hâte de ce qui arrive ensuite. « Toute cette carrière, je n'ai pas été humain, j'ai fait des choses que les gens pensaient impossibles. Me blesser à la cheville, puis au genou avant même que la saison commence... Et finalement, réussir à être là. J'ai décroché mon spot en Europe, sur la dernière compétition. » Comment avez-vous vécu ces derniers mois avant vos derniers Jeux Olympiques ?
Ces derniers mois ont été fous. Tout donner pour me qualifier... Et réaliser que je suis humain. Toute cette carrière, je n'ai pas été humain, j'ai fait des choses que les gens pensaient impossibles. Me blesser à la cheville, puis au genou avant même que la saison commence... Et finalement, réussir à être là. J'ai décroché mon spot en Europe, sur la dernière compétition. C'était juste incroyable. Je continue de me dire « oh, c'est la dernière fois », à chaque étape. J'ai été interviewé par des gens de mon âge, avec qui j'étais en compétition et qui sont à la retraite depuis un moment maintenant. (rires). Je suis fier d'être la depuis plus de 15 ans et d'être si proche du podium aujourd'hui (vendredi). » lire aussi Toute l'actu des JO de Pékin