JO - Triathlon (mixte) - Vincent Luis, après la médaille de bronze en relais mixte : « Je vais encore essayer »

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Médaillé de bronze avec le relais mixte samedi aux JO de Tokyo, Vincent Luis médite sur ses erreurs et se projette déjà sur Paris 2024. Ils étaient quatre, dont lui, bien sûr un peu plus dans les objectifs que les autres depuis son double titre mondial. Après une natation incroyable où il a recollé à l'Américain, après un vélo engagé où il a rejoint puis attaqué l'Anglais, Vincent Luis a délibérément joué l'or, perdant peut-être l'argent, assurant le bronze avec Léonie Periault, Dorian Coninx et Cassandre Beaugrand. Le voilà enfin médaillé à l'issue de ses troisièmes Jeux. Epuisé, très épuisé, il a néanmoins pris un peu de temps pour esquisser un débriefing samedi. « Vous avez pris la tête tout le vélo, vous y avez cru ?
Yee était le meilleur coureur aujourd'hui, il savait bien qu'il devait juste attendre le vélo (pour faire la différence en course), en plus avec moi revenant un peu de blessure, j'étais moins bien à pied qu'une journée normale où j'aurai pu lui faire plus mal sur la course à pied, je ne suis pas à cent pour cent, j'ai joué mes cartes, il a joué les siennes, il n'a pas roulé, c'est de bonne guerre, c'est un mec très respectueux. Je suis satisfait de l'effort que j'ai fait. C'est très tactique le relais. On avait choisi de faire partie Léonie, c'était risqué, elle a assuré comme une chef (malgré une natation difficile où la France est sortie 14e/16). Ils m'ont donné le relais 3, je termine 3. Vous avez tout fait pour accrocher l'or in extremis.
Je savais que j'avais balancé pas mal de cartouches sur les quinze premières minutes de course, il me manquait de l'essence, ce sont les Jeux, ça mérite de prendre des risques. J'avais une trentaine de secondes de retard, je ne me suis jamais posé la question d'assurer, je voulais l'or, je voulais faire une grosse natation et un gros vélo, je suis revenu, je l'ai attaqué direct, c'était pas le meilleur moment, mais je n'avais pas cinquante solutions avec l'Américain que je venais de lâcher, ce n'était pas une zone très technique pour le vélo, c'était compliqué mais j'ai essayé. lire aussi Le classement du relais mixte Vous terminez vraiment à bout.
C'est dur, j'ai une équipe tellement forte que d'habitude je suis devant, ou avec un seul mec. Là, il fallait jouer avec l'anglais et l'américain, j'ai passé vingt minutes à fond, avec la chaleur (28 degrés), il fallait faire attention de ne pas tomber dans le rouge. Il m'a manqué un peu de watt à vélo pour prendre cinq ou dix secondes à Yee. C'est comme ça, on reviendra dans trois ans. « Je suis très content de ma carrière. C'est déjà plus que ce que je rêvais quand j'ai commencé le triathlon. Je ferai tout pour aller aux Jeux une quatrième fois » Ce bronze par équipes, c'est une revanche ou une consolation après l'individuel ?
J'aurai préféré repartir avec deux médailles, j'en ai une, je n'ai jamais eu de médaille olympique, faut pas cracher dessus, c'est incroyable, c'est la première du triathlon, on en est tous fiers. Il faut se satisfaire de ce qu'on a. Il fait continuer de travailler pour l'avoir, ça restera à jamais mon rêve de gamin. Je ne désespère pas de ramener une deuxième médaille autour du cou et la première en individuel. J'ai déjà deux titres individuels en Championnat du monde. Je suis très content de ma carrière. C'est déjà plus que ce que je rêvais quand j'ai commencé le triathlon. Je ferai tout pour aller aux Jeux une quatrième fois. Trois fois, vous avez rencontré des problèmes physiques quelques semaines avant les Jeux.
Ouais, ouais. Je ne suis pas du tout superstitieux, je pense pas que j'aie un problème avec les Jeux. J'ai fait un hiver identique à celui avant Rio, je me sentais très fort et puis la machine a déraillé. À Rio, c'était pour des raisons différentes. La, une petite blessure au mollet, quatre semaines sans courir, j'arrive pour jouer la médaille et je fais treizième. Il y a des enseignements à tirer. C'est aussi un peu faute à pas de chance. Est-ce que le fait de courir à fond le circuit n'est pas antinomique avec une bonne perf aux JO ?
D'un point de vue personnel je vais forcément favoriser la série mondiale ou la super league, c'est ce qui paye les factures et remplit le frigo. Mais les Jeux restent les Jeux. Le triathlon est aux Jeux que depuis 2000, on a distribué encore que très peu de médailles. Il faut... J'ai commencé les Jeux en regardant le triathlon aux Jeux d'Athènes 2004. Il va falloir se poser les bonnes questions quand on arrivera autour de Paris. Mais faut continuer à courir et à gagner sa vie. La première question que je me pose c'est est-ce que je dois plus courir, j'avais fait le choix de peu courir avant Tokyo, pareil à Rio, deux fois de suite ça n'a pas marché, je m'orienterai vers des calendriers plus chargés en course pour voir ce que ça donne. J'ai trois ans, j'ai largement le temps de tester ça. Dans une carrière c'est pas souvent les Jeux à la maison, je ne serai pas respectueux si je n'essayais pas d'avoir cette médaille olympique individuelle à Paris. » lire aussi Retour en images sur le relais mixte

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