JO: Tsimanouskaïa a décidé de faire défection sur le chemin de l'aéroport

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JO: TSIMANOUSKAÏA A DÉCIDÉ DE FAIRE DÉFECTION SUR LE CHEMIN DE L'AÉROPORT

par Gabrielle Tétrault-Farber

VARSOVIE (Reuters) - L'athlète biélorusse Kristsina Tsimanouskaïa a décidé de faire défection alors qu'elle se dirigeait vers un aéroport de Tokyo après que sa grand-mère l'a avertie du danger potentiel d'un retour en Biélorussie, a-t-elle révélé à Reuters dans un entretien exclusif à Varsovie, où elle a trouvé refuge.

La famille de la sprinteuse âgée de 24 ans craignait que celle-ci ne soit placée dans une institution psychiatrique à son retour en Biélorussie, a-t-elle déclaré, ajoutant que sa grand-mère l'avait exhortée par téléphone à ne pas revenir.

"J'ai toujours été loin de la politique, je n'ai pas signé de lettres ou participé à des manifestations, je n'ai rien dit contre le gouvernement biélorusse", a dit Kristsina Tsimanouskaïa.

"J'essaie seulement de pratiquer un sport dans ma vie et je fais de mon mieux pour ne pas me laisser distraire par la politique", a-t-elle poursuivi.

"Cela peut paraître cruel en raison de toutes les choses terribles qui se sont produites en Biélorussie l'été dernier, mais j'essayais de m'en tenir à l'écart, (car) tout ce que j'ai voulu, c'est de participer aux Jeux olympiques et faire de mon mieux. Je voulais être en finale et concourir pour les médailles."

En révélant que ses entraîneurs, furieux de ses critiques à leur égard, lui avaient ordonné de prendre l'avion pour quitter Tokyo avant son entrée en lice aux Jeux olympiques, Kristsina Tsimanouskaïa a déclenché une affaire ayant provoqué des remous diplomatiques et mis de nouveau en lumière la situation politique en Biélorussie.

Après avoir demandé dimanche la protection de la police japonaise, l'athlète s'est envolée mercredi depuis Tokyo vers Varsovie, avec une escale à Vienne.

La Pologne, critique à l'égard du président biélorusse Alexandre Loukachenko, accorde refuge à de nombreux opposants. Elle a délivré des visas humanitaires à Kristsina Tsimanouskaïa et le mari de celle-ci. La grand-mère de l'athlète se trouve toujours en Biélorussie.

"La grand-mère m'a appelé alors qu'ils (les entraîneurs) étaient déjà en train de me conduire à l'aéroport (...) J'avais une dizaine de secondes. Elle m'a appelé, et tout ce qu'elle m'a dit, c'est : 'S'il te plaît, ne reviens pas en Biélorussie, ce n'est pas sûr'."

"C'est tout, elle a raccroché", a confié Kristsina Tsimanouskaïa.

(Reportage Gabrielle Tétrault-Farber et Tom Balfmorth; version française Dagmarah Mackos)

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