Joan Mir est le nouveau Champion du monde MotoGP !

Léna Buffa
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est entré dans l'Histoire en remportant ce week-end le titre MotoGP. Premier pilote sacré avec Suzuki depuis Kenny Roberts Jr en 2000, il a transformé l'essais dès sa première balle de match, en allant chercher une sage septième place au Grand Prix de Valence, remporté par l'un de ses derniers opposants, Franco Morbidelli.

Les autres pilotes encore en lice avant cette course n'ont pas été en mesure de repousser plus longtemps l'échéance. Fabio Quartararo, premier leader du championnat et encore deuxième avant cette manche, a perdu ses dernières chances dans une chute au neuvième tour. Andrea Dovizioso et Maverick Viñales ont tous deux été devancés par Mir, ce qui était rédhibitoire également pour eux.

Seuls Franco Morbidelli, vainqueur donc, et Álex Rins, quatrième ont pu reprendre des points au Majorquin ce dimanche, mais les neuf unités collectées par le leader du championnat étaient suffisantes pour lui garantir de conserver une avance suffisante après cet avant-dernier round.

Cinq saisons mondiales et deux titres

Formé dans la Red Bull Rookies Cup et le CEV, puis arrivé dans le Championnat du monde en 2016, Joan Mir a connu une ascension expresse, avec de premiers succès obtenus dès sa saison de découverte puis un titre Moto3 conquis au prix d'une nette domination sur la saison 2017. Passé par le Moto2 pour une année seulement, il a rapidement été repéré par les équipes MotoGP et a accepté l'offre de Suzuki pour espérer suivre les traces de Maverick Viñales et d'Álex Rins.

Il s'est finalement déjà propulsé bien plus haut, atteignant le sommet du championnat après seulement 30 courses, lui qui a manqué une partie de sa première saison à la suite d'une très lourde chute. Joan Mir est aujourd'hui le sixième pilote sacré en catégorie reine avec Suzuki, après Barry Sheene, Marco Lucchinelli, Franco Uncini, Kevin Schwantz et Kenny Roberts Jr.

Le jeune Majorquin, âgé de 23 ans seulement, succède à Marc Márquez au palmarès. Il sort vainqueur d'une saison chamboulée, notamment, par l'absence de la star du championnat. Blessé dès la première course, le #93 n'a pu faire qu'un retour ponctuel avant de vite renoncer, et surtout de voir sa blessure s'aggraver, le plongeant dans une convalescence d'une rare durée.

Ce coup de théâtre majeur a ouvert une voie royale à des pilotes qui ne rêvaient sans doute pas de se trouver face à une telle opportunité alors que Márquez était au sommet de son art. Mais, depuis son canapé, le pilote Honda n'a pu que constater que personne ne prenait d'ascendant net dans cette lutte pour lui succéder. Fabio Quartararo, invaincu lors de la première double course, à Jerez, a vite plongé dans des contre-performances inquiétantes, s'étonnant lui-même de n'avait encore qu'un point de retard sur le nouveau leader, Andrea Dovizioso, lorsque le championnat s'est présenté à Barcelone. Le Français y a repris un peu d'air en s'imposant une troisième fois, avant de s'effondrer par la suite, alors que le pilote Ducati, en grande difficulté toute l'année, n'a pour sa part été vu sur le podium que deux fois : à la première course, puis lorsqu'il s'est imposé au Red Bull Ring cet été.

Le futur coéquipier de Quartararo, Maverick Viñales, deuxième derrière le Français lors des deux courses de Jerez, n'a quant à lui pu faire qu'une seule apparition sur le podium depuis l'Andalousie, pour remporter une course à Misano. Dans le clan Yamaha, c'est finalement Franco Morbidelli qui se trouve en cette fin de saison dans la meilleure dynamique, à la tête de la plus grosse moisson de points après celle des pilotes Suzuki depuis qu'il a lui-même ouvert son compteur de victoires à Misano.

Quartararo, Viñales, Morbidelli et Dovizioso restaient tous mathématiquement en lice pour le titre à l'approche de cette avant-dernière course, mais c'est bien du côté de Suzuki que la domination s'exerçait désormais. Le début de championnat n'avait pourtant pas souri à l'équipe d'Hamamatsu, avec la blessure d'Álex Rins et deux abandons en trois courses pour Joan Mir, mais la donne a radicalement changé lorsque le Majorquin s'est hissé pour la première fois sur le podium, au GP d'Autriche.

Depuis, Mir s'est classé sept fois dans le top 3 en neuf courses, s'assurant d'une moisson de points solide et régulière, là où ses rivaux payaient leur inconstance. Une première victoire obtenue le week-end dernier a confirmé sa mainmise en lui offrant une avance de 37 points que seul son coéquipier semblait en mesure de repousser l'échéance.

Libéré des lourdes séquelles de sa blessure, Álex Rins s'est mis en évidence en montant quatre fois sur le podium lors des cinq dernières courses, dont une fois sur la plus haute marche, ce qui lui a permis de remonter de la 12e à la troisième lace du championnat dans ce court laps de temps. Battu par son coéquipier la semaine dernière alors qu'ils offraient à Suzuki un premier doublé en 38 ans, Rins était malgré tout revenu à égalité mathématique de Quartararo au championnat et voulait tout tenter jusqu'au bout, conforté par l'absence de consignes au sein de l'équipe.

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