Pour Joan Mir, la vraie pression n'est pas celle du titre MotoGP

Léna Buffa
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Tout juste devenu vainqueur pour la première fois en MotoGP, dimanche au Grand Prix d'Europe, est resté aussi placide qu'il l'est depuis des semaines, semblant ne s'accorder d'exulter que quelques instants avant de retrouver son calme. Concentré sur sa cible principale, celle de remporter le titre, le pilote espagnol fait oublier sa jeunesse et sa courte carrière (il n'a disputé que 84 Grands Prix, toutes catégories confondues) en affichant un sérieux à toute épreuve, doublé de commentaires empreints de maturité pour relativiser les difficultés de son métier.

"Je me sens toujours pareil. Je suis content, mais je reste la même personne ! Je pensais qu'en ayant gagné une course je serais peut-être une personne différente, mais non", constatait-il dimanche à chaud, pas franchement prêt à fêter cette victoire au-delà de la courte cérémonie du podium. "Il faut qu'on se montre responsables. Bien sûr, je voudrais faire une super fête, mais ça ne serait pas responsable. Je vais probablement rentrer à la maison et me faire un super dîner, ce sera ma façon de la fêter !" annonçait-il.

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"Je pense être très fort mentalement. Beaucoup de pilotes sont très compétitifs, très rapides, mais ils ne sont pas nombreux à être mentalement très forts. C'est une chose sur laquelle on ne peut pas s'entraîner. Ça concerne votre style de vie, c'est quelque chose que la vie vous enseigne. Je pense que quand j'ai dû montrer cette force, je l'ai fait. Bien sûr, je peux commettre des erreurs, mais normalement je suis plutôt bon dans cette position."

"Je crois avoir montré que la pression n'est pas un gros problème pour moi", reprenait-il après avoir été au bout de son effort en course, se tournant déjà vers l'étape suivante : "Il est important de continuer comme ça, de continuer à montrer ce potentiel pour faire en sorte que la pression ne soit pas quelque chose de négatif pour moi. C'est difficile à gérer, mais on le fait de la bonne manière."

Mais pour le jeune pilote majorquin, toutes ces questions qui se multiplient dans les interviews au sujet d'une prétendue pression du titre qu'il aurait à subir à l'approche du dénouement sont finalement bien curieuses... "La pression, c'est ce que ressentent les personnes qui ne peuvent pas payer leur loyer. Moi, ce que je vis, c'est de la rigolade", pointait-il le week-end dernier. "Ici, il est clair qu'on en a, car on joue avec nos vies et il faut qu'on soit très concentrés sur ce qu'on fait. Mais, au fond c'est notre travail."

"Cette vraie pression, heureusement, je ne l'ai pas. La mienne est positive, car si je gagne cette année aura été super bonne pour moi, et si je ne gagne pas elle l'aura été également, ça ne fera pas une grande différence. Mais ne pas pouvoir payer son loyer à cause de ces conditions liées au coronavirus et ne pas pouvoir ramener à manger à la maison, ça c'est la vraie pression. Alors quand j'entends des questions au sujet de la pression, je pense à ça et je me dis 'je n'ai pas de pression, c'est mon job et ça ira super bien quoi qu'il arrive'. Je suis privilégié."