Johanne Defay sacrée lors des play-offs, les raisons d'y croire

La Française Johanne Defay est en lice à Trestles (Californie) pour décrocher le titre mondial lors des play-offs, dont la waiting period débute ce jeudi. Voici sept raisons d'y croire.

Une bonne préparation

Après Tahiti, Johanne Defay a directement filé en Californie. Pour la première fois depuis des mois, la Française - toujours logée dans la même famille depuis des années - a eu le temps de se poser et de s'imposer enfin des séances physiques. Elle semble plus que jamais épanouie dans son corps et dans sa tête. « En ce moment, il n'y a pas trop de vagues, nous a-t-elle confié il y a quelques jours. Du coup, je ne vais pas trop batailler pour surfer des petites vagues. Je vais rester tranquille. J'en profite pour reprendre l'entraînement physique, que j'ai laissé un peu tomber lors des dernières étapes qui se sont enchaînées (G-Land, Salvador, Rio, Jeffreys Bay et Tahiti). Ce sont des endroits compliqués pour juste mettre les baskets et aller courir. Je me suis donc remis au running, j'ai aussi quelques exos à faire de ma routine. » Elle vient d'être rejointe par son coach et par ailleurs compagnon Simon Paillard, lequel n'était pas de l'aventure à Teahupoo.

Un spot qu'elle aime

La Réunionnaise l'assure, elle aime « bien cette vague » de Trestles. Une vague qui, pour elle, est « simple, facile et assez évidente ». Elle développe : « Ce n'est pas trop creux, ça déroule bien. Et pour le coup il y a quand même du power. Tu peux faire plein de manoeuvres différentes, travailler tes gammes, c'est facile d'essayer des boards, des dérives, c'est vraiment un petit skatepark pour le surf. C'est une vague idéale pour progresser. Il y a peu de vagues comme ça sur le Tour. C'est chouette d'être là et de se dire qu'on va sortir du performing surfing. » Entre 2014 et 2017, Defay a surfé quatre fois cette vague en compétition sur le CT. Bilan : une 3e place (2014), une 5e (2016) et deux 9e (2015 et 2017).

Elle a de bonnes planches

Début 2021, Johanne Defay a démarré une collaboration avec un nouveau shaper, en l'occurrence Sharp Eye Surfboards. Après une saison d'échange et de perfectionnement, le duo fonctionne à merveille. « C'est ma deuxième année avec Sharp Eye Surfboards, j'adore notre relation, se réjouit Defay. Ils sont à l'écoute, ils font ce qu'il faut pour que j'aie des planches très régulièrement. Cette année, la collaboration est bien rodée, je sais aussi de mon côté quels modèles j'aime. C'est très simple. Et toutes mes planches marchent, c'est fou. Là, ils m'ont fait huit boards, elles sont toutes bien. Je vais en sélectionner deux. Dans une carrière, la relation avec le Shaper est hyper importante. Ça, c'est un vrai plus par rapport aux autres années. »

Elle a déjà battu Carissa Moore cette saison

Johanne Defay et Carissa Moore sont deux grandes copines. Pendant la saison, et depuis des années, elles passent souvent du temps ensemble et partagent parfois le même logement. Mais, une fois dans l'eau, les deux meilleures surfeuses du CT 2022 savent mettre de côté leur belle amitié. Si l'Hawaïenne domine outrageusement le circuit féminin depuis 2019) - elle a été sacrée en 2019 et 2021 -, elle a été battue par Defay en finale à G-Land, en juin dernier. Mais Moore a pris sa revanche dans la foulée en finale à Saquarema. Il y a donc pour l'instant égalité.

Elle est prête dans sa tête

Lors de ces play-offs, Moore est dans une meilleure position que Defay, qui elle devra surfer une série (contre la victorieuse du heat précédent) et la gagner pour affronter la quintuple championne du monde. Une série qu'il ne faut pas oublier, le piège étant de trop se focaliser en amont sur la bataille (au meilleur des trois manches) contre Moore. « Il faut en effet regagner cette 2e place, confirme Defay. Ce n'est pas évident. Mais dans mes séances d'imagerie, je reste concentrée sur la chronologie des événements. Je ne me vois pas tout de suite soulever la coupe (rire). Je me rends bien compte du premier obstacle. Après, il y a peut-être l'avantage de ne pas avoir surfé avant. Ça va dépendre de qui sera dans ma première série. Si c'est Brisa (Hennessy) et Stephanie (Gilmore), qui elles auront déjà deux séries dans les pattes, elles seront moins fraîches que Tatiana (Weston-Webb), qui n'aura qu'une série. Il faut anticiper un peu tous les scénarios. Je pense bien à tout ça. »

Elle en rêve

À quelques jours d'une telle échéance, Johanne Defay est très motivée, et pour cause. Elle deviendrait la première surfeuse française de l'histoire (hommes et femmes confondus) à décrocher un titre mondial. Elle n'est qu'à trois séries de cet exploit historique. « Je l'envisage, clairement, assure-t-elle. J'ai l'impression que c'est palpable, que c'est possible. Je suis tout près, j'arrive à l'imaginer, j'en rêve. Les années passent et tu te rends compte que tu peux progresser. Il y a de petits déclics, tu grandis, tu prends du recul. » Chez les hommes, Michel Bourez a pointé au mieux au 5e rang en 2014 alors que Jérémy Florès s'est classé 8e en 2015.

lire aussi

L'actu du surf

Elle veut ouvrir la voie

Si un titre mondial est une récompense et un accomplissement d'abord personnels, Johanne Defay avoue qu'elle fera tout pour décrocher ce titre, aussi pour la jeune génération. Sur ce point, elle assure ressentir « une sorte de responsabilité » pour le surf français et le surf européen. « Ça changerait beaucoup de choses, est-elle convaincue. Je suis prête à relever le défi. Je vais faire, comme d'habitude, tout ce que je peux pour performer et continuer à faire rêver des jeunes français (es). C'est chouette. Je le fais aussi pour ça. J'aime bien être dans cette position. Si ça peut inspirer des jeunes afin qu'ils se disent oui c'est possible on peut faire une carrière. C'est important. Moi je n'ai pas trop eu ça, on a tous regardé Jérémy (Florès). Le sport de haut niveau, tu es très concentré sur toi, et c'est un peu lassant au bout d'un moment. J'ai envie d'être dans le partage. Je ne prends pas ce rôle à la légère. Ça devient important pour moi. »