John Isner recordman des tie-breaks: « Beaucoup d'adrénaline »

John Isner, spécialiste du jeu décisif. (A. B. Ratnayake/AP)

Qui mieux que l'Américain John Isner, recordman des tie-breaks remportés dans l'ère Open (496), pour raconter ces situations extrêmes qu'il aborde avec une obsession : gagner un point sur le service adverse.

« Est-ce une fierté de détenir le record du nombre de tie-breaks joués (815) et gagnés (496) sur le circuit ?
Oui ! Mais j'ai surtout plus de 60 % de réussite, ce qui n'est pas mal. Quand vous regardez parmi les gros serveurs, je crois que Ivo (Karlovic) est en dessous de 50 % (49,7 %) sur l'ensemble de sa carrière. C'est une situation de jeu dans laquelle je me sens assez à l'aise. J'ai un bon état d'esprit dans ces moments-là, évidemment bien aidé par mon gros service, qui me permet d'obtenir des points gratuits en mettant beaucoup de pression sur mes adversaires.

Comment abordez-vous un tie-break ?
L'objectif est toujours le même : gagner un point sur le service de mon adversaire. Je me dis à chaque fois : "Prends-le et puis mets lui la pression !" Une fois devant, avec un ou deux mini-breaks d'avance, j'essaie de sortir le meilleur sur mes engagements. Il y a alors beaucoup d'adrénaline et j'y vais à fond pour essayer de conclure.

Servez-vous différemment dans ces jeux décisifs ?
Je soigne probablement plus mes premières balles, car je veux à tout prix ces points gratuits.
Je ne veux pas voir la balle revenir. Je me surprends parfois à faire service-volée, parce que je veux jouer de manière aussi agressive que possible. Aussi bien au service qu'au retour, d'ailleurs.

Le tie-break est-il une affaire de mental avant tout ?
À l'arrivée, oui. Mais le tennis dans sa globalité est une affaire de mental. Entrer sur un terrain avec un bon état d'esprit, en étant heureux, dans la victoire comme dans la défaite, à partir du moment où vous vous êtes bien battu, ça permet de se libérer pour pratiquer le meilleur tennis.

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Quel est votre tie-break le plus mémorable ?
(Longue hésitation.)
En 2012, j'ai battu Novak (Djokovic) en demi-finales à Indian Wells (7-6, 3-6, 7-6, avant de perdre en finale contre Roger Federer) alors qu'il était numéro 1 mondial. Le deuxième tie-break (7-5) avait été pas mal, j'avais fait des points gagnants sur retour de service, car je ne voulais surtout pas entrer dans des échanges du fond avec ce gars... Le public était à fond derrière moi, c'était vraiment une fin de match marrante.

Vous n'avez gagné que quatre tie-breaks sur onze face à Federer. En quoi était-ce si difficile contre lui ?
Il sert bien lui aussi évidemment, mais surtout il était souvent capable de gagner deux points comme ça (il claque des doigts), ce qui me mettait pas mal de pression. »