Jonathan Lamy, premier Français à gravir l'Everest deux fois en moins d'un an

Jonathan Lamy au sommet de l'Everest pour la deuxième fois. (Facebook Jonathan Lamy)

En atteignant le sommet de l'Everest pour la deuxième fois en moins d'un an, Jonathan Lamy est devenu le Français le plus rapide à enchaîner deux ascensions de la plus haute montagne du monde. Loin de courir après les records, le jeune homme de 25 ans vit d'abord un rêve éveillé.

Sapeur-pompier à Thoiry (Ain) où il réside et moniteur de ski en Savoie en hiver, Jonathan Lamy avait un troisième rêve depuis qu'il est enfant : gravir des « 8 000 ». Après l'Everest, le Lhotse et le Manaslu l'an dernier, le jeune homme de 25 ans vient de réaliser le doublé inédit Everest-Makalu, et est devenu le Français le plus rapide à enchaîner deux fois l'Everest (8 848 m), en 355 jours. « Les gens ne comprennent pas pourquoi j'y suis retourné mais il n'y a rien à comprendre, c'est mon histoire, mon rêve, mon projet », confie-t-il.

lire aussi

La saison de printemps est lancée, 600 alpinistes attendus au sommet de l'Everest

De ses cinq ascensions, Jonathan Lamy retient « des sensations différentes mais des émotions identiques ». Le résultat d'un projet qui nécessite un investissement physique, mental et financier - environ 50 000 euros. Et si le retour à la vie civile est « assez facile », avec tout le confort contrairement à la vie d'expédition dans une tente, il compte désormais faire une pause : « Je ne repartirai pas cette année car on y laisse vraiment des plumes. Là, j'ai perdu 5 kilos et des mollets, mes joues sont creusées, j'ai des gelures. Il y en a qui enchaînent pour les records mais selon moi c'est un peu précipité, le corps a besoin de se reposer. »

Partager une aventure humaine

Surtout que sa récente ascension de l'Everest a failli virer au cauchemar lorsque son équipe - composée de 13 internationaux et 12 guides - s'est fait voler 45 bouteilles d'oxygène à 8 000 m. « Des gens auraient pu mourir, c'est une mise en danger d'autrui, s'emporte le Français. Cela vient d'une autre équipe, très grosse et très riche, qui pratique le surbooking. Plus de clients qu'ils ne pensaient ont réussi à monter jusqu'au camp 4 et ils n'avaient donc pas prévu assez d'oxygène. »

S'il admet être flatté et fier d'être le Français le plus rapide à enchaîner deux fois l'Everest, pour lui, les expéditions sont avant tout des « expériences humaines » au cours desquelles il tisse des liens avec les membres de son équipe. Il fait ainsi toujours appel à Da Dendi Sherpa, un Népalais et chef d'expédition qui a son agence et embauche ses guides. « Je voulais vivre l'aventure au plus près et pour moi, c'est ça la réalité, ces gens connaissent le terrain jusqu'au bout des doigts, explique celui qui a sorti un film sur sa première ascension de l'Everest. Ce côté humain ultra riche, c'est ça qui marque encore plus l'expédition. Si on passe par des équipes très chères et commerciales, ce n'est pas pareil. »

lire aussi

L'alpiniste Nims Dai a-t-il établi deux nouveaux records en Himalaya ?

De retour en France depuis le 4 juin, il se considère « très chanceux » et souhaite désormais surtout partager son expérience, notamment auprès des orphelins des sapeurs-pompiers auxquels il a reversé un don et dans les écoles près de chez lui. Avant, sans doute, de découvrir un nouveau sommet : « Au printemps prochain, on me reverra certainement au pied d'une montagne et, je l'espère, au sommet aussi. »

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles