José Alcocer (sélectionneur de l'équipe de France U17) : « Un parcours exemplaire »

Avant de disputer la finale de l'Euro des moins de 17 ans, ce mercredi contre les Pays-Bas (18h sur la chaîne L'Équipe), le sélectionneur des Bleuets José Alcocer a exprimé tout le bien qu'il pensait de cette talentueuse génération 2005, dont il souligne l'investissement et l'état d'esprit.

Voilà, c'est presque terminé. Les joueurs de l'équipe de France des moins de 17 ans s'apprêtent à vivre les derniers instants d'une période de quinze jours ensemble, en Israël, où ils ont gravi une à une les marches jusqu'à la finale. Ils y affronteront les Pays-Bas, ce mercredi (18 heures). Pour leur première compétition internationale, ils garderont notamment en tête les qualifications arrachées en quarts de finale, contre l'Allemagne (1-1, 4-3 aux t.a.b.) et le Portugal en demies (2-2, 6-5 aux t.a.b.). Et peut-être aussi les heures passées en dehors du terrain, marquées, pour onze d'entre eux, par les révisions en vue du bac de français. Leur sélectionneur, José Alcocer, revient sur les caractéristiques de ce groupe qu'il affectionne.

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« Quelle est la spécificité de cette génération ?
Elle est partie de loin, parce qu'elle avait du retard sur la connaissance du haut niveau (voir encadré). Rien ne remplace l'expérience. Avec le travail réalisé et la maturité dont ont fait preuve les joueurs, ils se sont mis depuis à un très haut niveau parce qu'il se dégage quelque chose de très fort collectivement. Ils ont vite capitalisé sur les expériences des matches de préparation notamment. Je leur tire un grand coup de chapeau parce que ça, on le fait en deux ans normalement. Cette génération a une mentalité de travail incroyable.

Cette équipe donne l'impression d'être très homogène.
Totalement. Quand je les vois vivre, je me dis 'ça y est on a gagné' : on est arrivés à un point où le groupe est tellement performant et mature que les joueurs sont autonomes. Je ne dis pas qu'ils font ce qu'ils veulent mais ils sont toujours dans les clous, à l'heure à tous les rendez-vous, ils se font le dress code eux-mêmes Et puis sur le terrain, mine de rien, il y en a un certain nombre qui s'entraîne déjà avec les professionnels dans leurs clubs, ça se voit dans leur évolution. J'en profite pour remercier les clubs d'avoir joué le jeu en libérant leurs joueurs.

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Votre groupe a-t-il beaucoup changé depuis le mois de janvier, où vous veniez de terminer votre premier gros brassage (trois stages distincts avec 35 joueurs pour limiter les effectifs en raison du Covid) ?
(Il compte.) Onze joueurs sur les vingt de la liste actuelle étaient là en début d'année. On avait déjà identifié les autres mais ils n'étaient pas disponibles, ils étaient blessés ou sont arrivés plus tard.

Avec ces vingt garçons, comment jugez-vous le parcours de cette génération jusqu'en finale ?
J'ai envie de vous dire que c'est un parcours exemplaire, à l'instar de l'humilité et de la détermination des joueurs. On a pris les matches les uns après les autres, et c'est clair qu'on a impacté le début du tournoi à travers nos buts marqués (6-1 contre la Pologne, 4-0 face à la Bulgarie) parce qu'on voulait montrer qu'on avait une belle équipe. Et puis, chacun a continué à se mettre dans le sens du collectif, il n'y a jamais eu d'enflammade. On s'est dit : 'la prochaine étape, c'est celle-là alors on bosse'. Ça s'est construit au fur et à mesure. Et nous voilà.

Les Pays-Bas vous ont battus lors du match pour la première place en phase de groupes. Que retenez-vous de ce match ?
L'équipe était remaniée mais ça pique un peu. Derrière on s'est pris l'Allemagne (1-1, 4-3 aux t.a.b.), l'épouvantail de la compétition mais, pas de souci, on a assumé.

« Ce qui me plaît, c'est qu'on ait beaucoup marqué de buts dans des situations diverses et avec beaucoup de joueurs différents »

Vous avez marqué pas mal de buts en pressant haut l'adversaire, c'est une des caractéristiques de cette équipe ?
On essaie, on a des joueurs capables de le faire donc on n'hésite pas. Mais, inversement on en a pris aussi comme ça. La tendance aujourd'hui est de presser très haut et on se rend compte que dès qu'on baisse de pied, l'adversaire nous fait la même chose (sourire.) Mais vous avez raison, on a cette capacité à étouffer un peu l'adversaire et à le punir. On a aussi marqué dans le jeu, avec des débordements, des centres, des coups de pied arrêtés. Ce qui me plaît, c'est qu'on ait beaucoup marqué de buts dans des situations diverses et avec beaucoup de joueurs différents.

On imagine que cette finale marque un tournant dans la jeune carrière de vos joueurs...
Oui, on a aussi tenu à marquer le coup. Pour l'occasion, on a repris les photos du premier maillot bleu qu'ils ont porté et on leur a remis lundi soir celui qu'ils auront en finale, avec leur nom dans le dos pour la première fois. Il y a des nations qui jouent avec des maillots floqués au Championnat d'Europe. La Fédé a pris le parti de ne pas le faire sauf si on allait en finale. Ils ont découvert leur maillot et ils étaient très fiers. Avoir son nom sur un vrai maillot, c'est quelque chose d'important. Ils ont gagné ce droit. »

Génération déconfinée

Voir la France en finale de l'Euro des moins de 17 ans est, quelque part, déjà un succès en soi. Généralement, dans cette catégorie d'âge, les sélectionneurs ont une grosse année pour constituer leur équipe, mais le Covid a compliqué le processus de sélection. « Habituellement, en moins de 15 ans, arrivent en avril-mai 100 à 120 joueurs issus des sélections régionales. Parmi eux, on prend 35 joueurs en août et ensuite, on dispute des matches internationaux, récapitule José Alcocer. L'année dernière, je n'avais pas le droit de les rassembler. J'avais une liste de 120 joueurs que je ne connaissais pas. Alors on a fait trois stages de 35 joueurs pour faire un premier brassage jusqu'en décembre. » Après avoir observé une autre centaine de joueurs depuis janvier, le sélectionneur a pu constituer une équipe homogène, qui brille à l'Euro : 2e de son groupe derrière les Pays-Bas, qu'elle retrouve en finale, la France a sorti l'Allemagne, grand favori (1-1, 4-3 aux t.a.b.) en quarts de finale, et le Portugal (2-2, 6-5 aux t.a.b.).

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