Josuha Guilavogui (Bordeaux) : « Un manque de professionnalisme criant »

Josuha Guilavogui a honte de la saison de Bordeaux. (N. Luttiau/L'Équipe)

Josuha Guilavogui, capitaine des Girondins de Bordeaux en route vers la L2, a parlé de « honte » et d'« échec sportif », ce jeudi en conférence de presse, mais aussi d'espoir de renouveau dans un projet dans lequel il pourrait s'inscrire la saison prochaine.

« Que vous inspire cette saison catastrophique ?
C'est mon plus grand échec sportif. Partout où je suis passé, j'ai connu des saisons difficiles mais aussi de très bons moments, j'ai gagné des titres. Quand je suis venu à Bordeaux, c'était vraiment dans cette optique-là, de participer au maintien et ensuite de redorer le blason de Bordeaux et gagner quelque chose. Je ne pensais pas qu'un jour dans mon CV, il y aurait une relégation. Je ne suis pas resté longtemps à l'Atlético de Madrid mais je ne me sens pas champion d'Espagne. Je ne suis resté que quatre mois à Bordeaux mais je me sens responsable pour cette relégation. Psychologiquement, c'est très dur à vivre. J'ai vécu des saisons à Wolfsburg où j'ai eu cinq entraîneurs en une année mais tous les problèmes qu'on a eus cette saison, quand on les énumère, ça en fait une montagne, je n'avais jamais vécu ça.

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« Des fois dans la vie, on prie pour le meilleur et on a le pire »

Avez-vous honte aujourd'hui ?
Oui. Je ne sors pas en ville pour me promener. J'ai honte mais d'un autre côté je me dis que j'ai tout donné, je suis resté fidèle à moi-même, j'ai travaillé, je me suis mis dans les meilleures conditions pour pouvoir relever ce challenge qui était difficile mais tellement beau pour moi, pour ma famille. J'ai quitté ma zone de confort en Allemagne pour relever un challenge et me mettre un peu en danger. Des fois dans la vie, on prie pour le meilleur et on a le pire. Ça va se jouer à trois points, à la différence de buts.

Quand on analyse nos matches, on a mené 13 fois cette saison. Si on ne prend que la moitié de ces points, on est largement sauvés. On n'a pas su faire le boulot. J'avais lu l'interview de Mikel Arteta (manager d'Arsenal) qui disait : "Avant de jouer au football, il faut courir et se battre". La plupart du temps, on ne l'a pas assez fait. Je savais qu'il fallait que je sois intransigeant sur mon extra-sportif, que ça allait être dur sur le terrain, qu'on ne pouvait pas se permettre de faire des écarts. Peut-être que certains (joueurs) ne l'ont pas compris. Je dois l'avouer, il y a eu un manque de professionnalisme et il est criant.

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Vous êtes prêté par Wolfsburg. L'idée de rester en L2 peut-elle vous séduire ?
Honnêtement, j'étais venu pour le maintien. Mais des fois, quand vous avez un sentiment de honte, il faut vite le corriger et trouver le bon challenge. Ça pourrait être le bon challenge pour le gommer et effacer cet échec sportif de mon CV. Je ne l'écarte pas. Mais avant, il y a énormément de choses à restructurer. J'ai aussi bon espoir : en 1991, Bordeaux était descendu administrativement et était remonté directement avec de jeunes joueurs qui ont fait d'excellentes carrières. Mais il va falloir bosser extrêmement dur. »

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