Les joueurs de l'Iran n'ont pas chanté l'hymne avant le match contre l'Angleterre

Les joueurs iraniens pendant l'hymne, lundi à Doha avant le match contre l'Angleterre. (Marko Djurica/Reuters)

Pour montrer leur soutien aux manifestations qui ont lieu en Iran, les joueurs de la sélection n'ont pas chanté l'hymne avant le match contre l'Angleterre, lundi, pour leurs débuts dans la Coupe du monde.

Au pays, les manifestants leur reprochent leur complaisance envers le pouvoir, et la manière dont ils sont allés embrasser la main du président iranien Ebrahim Raïssi, juste avant de partir au Qatar, malgré quelques messages de résistance, comme celui de Sardar Azmoun, la star de l'équipe. Mais lundi, au stade Khalifa, les joueurs iraniens ont de nouveau affiché leur soutien aux manifestations, à l'occasion de leur entrée en Coupe du monde. Alignés bras dessus, bras dessous, ils ont refusé de chanter l'hymne de la République islamique d'Iran, visages fermés, certains d'entre eux baissant la tête.

Dès que les premières notes de l'hymne ont résonné, des sifflets aigus sont venus du virage des 3 000 supporters iraniens, mêlés à des cris, alors que quelques supporters brandissaient des pancartes « Woman, Life, Freedom » (Femme, Vie, Liberté), le slogan des manifestants. À la fin du match (6-2 pour l'Angleterre), quelques supporters iraniens ont scandé « Mort à Khamenei », le guide suprême de la révolution islamique, mais certains d'entre eux ont fait état de la présence d'agents venus de Téhéran, avec la collaboration de la police locale.

Pour Carlos Queiroz, le sélectionneur de l'Iran, il est évident que le contexte politique actuel au pays a un impact sur ses joueurs : « Ce ne sont que de simples garçons. Ce n'est pas de leur faute si la Coupe du monde a lieu en ce moment. S'il vous plaît, vous les professeurs, les moralistes, laissez ces garçons jouer au football. Il n'est pas juste de les faire venir pour cette Coupe du monde et de leur demander des choses qui ne sont pas de leur responsabilité, a plaidé le technicien portugais. Ils veulent apporter de la fierté et de la joie à leur peuple. Évidemment nous avons des sentiments et des croyances, et en temps voulu, nous les exprimerons. »

lire aussi : Les tops-flops d'Angleterre-Iran : Bellingham et Saka, les golden boys