Le jour où Hamilton est devenu un "énorme problème" pour les autres

Benjamin Vinel
motorsport.com

C'était un très grand coup. Dès le 19 décembre 2005, McLaren annonçait avoir recruté pour 2007 le nouveau Champion du monde, et McLaren avait tourné un vinaigre, avec un divorce dès la mi-saison 2006.

L'équipe devait donc trouver un nouveau pilote, avec un choix se portant entre le réserviste , mais la décision n'a pas été difficile à prendre. De la Rosa lui-même reconnaît dans le podcast Beyond The Grid qu'il n'était "pas confiant du tout" et qu'il n'a "jamais été déçu que Lewis ait eu le volant".

Lewis Hamilton, McLaren

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Lewis Hamilton, McLaren <span class="copyright">Ebrey / Motorsport Images</span>
Lewis Hamilton, McLaren Ebrey / Motorsport Images

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Pedro De La Rosa

Pedro De La Rosa <span class="copyright">Sutton Images</span>
Pedro De La Rosa Sutton Images

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Puis, le 19 septembre 2006, McLaren a mené des essais à Silverstone. Étaient présents Hamilton, fraîchement couronné en GP2 Series pour sa première campagne dans la discipline, et De la Rosa, qui avait marqué 14 points sur les cinq dernières courses en date, avec une deuxième place au Grand Prix de Hongrie – le meilleur résultat de sa carrière.

C'était la première fois que Hamilton prenait le volant d'une Formule 1, et manifestement, il a fait forte impression. "C'est là que j'ai changé d'avis", se souvient De la Rosa. "Car nous avions deux voitures pour ces tests et c'était sa première expérience en Formule 1. Il a fait un run et il n'était nulle part. Je me rappelle avoir regardé ses données avec Philip Prew, qui était alors mon ingénieur de course ; il m'avait dit : 'Ce gamin va devoir beaucoup progresser ces prochaines années'. J'ai répondu un truc du genre : 'La route est longue pour Lewis, mais il sera bon, il faut juste lui laisser du temps, blabla'."

"J'ai fait un run, je suis rentré au stand, j'ai regardé les chronos… et j'ai vu que Lewis était devant. Sur son deuxième run ! J'ai regardé les données, et j'ai demandé ce qui s'était passé. 'Eh bien, on lui a mis des pneus neufs'. J'ai regardé les données, et il était tellement rapide dans Copse, Backetts, Maggotts... que je me suis rendu compte du potentiel de Lewis Hamilton. Rien qu'en regardant les données deux secondes, je me suis rendu compte que nous avions un énorme problème. Nous, c'est-à-dire tous les pilotes. Car si Pedro de la Rosa a un problème, tout le monde en a un !" plaisante-t-il.

"J'ai vu beaucoup de pilotes dans ma vie, j'ai côtoyé de très bons pilotes, et je m'en sens vraiment honoré. Puis j'ai vu Lewis, et je me suis dit que c'était exceptionnel. Quand la saison s'est achevée, je savais que Lewis allait être dans la voiture. Je savais que Fernando [Alonso] avait signé. Et ça ne me dérangeait pas, car je me disais qu'à la place [des dirigeants de l'écurie] Ron [Dennis] et Martin [Whitmarsh], j'aurais pris la même décision : Lewis est incroyablement rapide et tout le monde sait que Fernando est génial."

Lewis Hamilton, McLaren Mercedes MP4-21

Lewis Hamilton, McLaren Mercedes MP4-21 <span class="copyright">Elliot Patching / Motorsport Images</span>
Lewis Hamilton, McLaren Mercedes MP4-21 Elliot Patching / Motorsport Images

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