Le jour où McLaren a déchiré le contrat du prodige Hamilton

Benjamin Vinel
·2 min de lecture

Il est bien connu que , et pourtant, il aurait facilement pu en être autrement. Le désormais septuple Champion du monde de Formule 1 a approché Ron Dennis, directeur de la légendaire écurie anglaise, dès ses dix ans en 1995, avant de rejoindre le programme de jeunes pilotes McLaren en 1998 grâce à ses succès en karting. Il a ensuite continué à gravir les échelons, notamment en formules de promotion : troisième de Formule Renault UK en 2002, Champion l'année suivante, puis cinquième de F3 Euro Series en 2004… et l'aventure aurait bien pu s'arrêter là.

Lewis Hamilton, Manor Motorsport

Lewis Hamilton, Manor Motorsport<span class="copyright">Glenn Dunbar / Motorsport Images</span>
Lewis Hamilton, Manor MotorsportGlenn Dunbar / Motorsport Images

Glenn Dunbar / Motorsport Images

"Je les ai libérés. J'ai dit : 'Je ne veux pas que tu sois là sous la contrainte. Nous voulons travailler avec toi. Ça [rester en F3], c'est ce que je veux vraiment que tu fasses. Si tu ne veux pas le faire…' Au bout de six semaines environ, Lewis m'a appelé et nous avons resigné. Avec le recul, je me dis que j'aurais pu être celui qui a déchiré le contrat de Lewis Hamilton et ne l'a jamais récupéré. J'ai vraiment eu beaucoup de chance."

La suite des événements n'a pourtant pas donné tort à Whitmarsh, avec les titres consécutifs de Hamilton en F3 Euro Series (avec 15 victoires en 20 courses), puis dans l'antichambre de la F1. "J'ai abordé la saison 2006 en GP2, et je savais être sous les yeux de la Formule 1", poursuit Hamilton. "Je savais que les patrons allaient regarder – surtout le mien, le plus important, Ron [Dennis] allait regarder."

"La pression que je me suis mis… La plupart des championnats que j'ai faits, ils m'ont dit : 'On fait deux ans en Formule Renault, deux ans en Formule 3, deux ans en GP2. Une année pour apprendre, une année pour gagner. Et si tu ne gagnes pas à ta deuxième année, tu n'as pas le talent requis'. Mais je me rappelle que cette année-là, je me disais : 'Si je gagne dès ma première année, peut-être qu'ils me donneront une chance de courir en Formule 1 l'an prochain'. Je me suis mis une pression incroyable."

Une épreuve restera emblématique de la saison 2006 de Hamilton : la Course Sprint à Istanbul où, parti en tête-à-queue au deuxième tour, il est remonté de la 17e place à la deuxième à la force du poignet, à une époque où le DRS n'existait pas. "J'ai eu ce tête-à-queue, je me rappelle encore ce que j'ai ressenti. Je n'ai pas abandonné, j'ai attaqué comme jamais et j'ai fini deuxième, quel moment ! C'était l'un des moments clés de ma carrière, c'est indéniable", conclut celui qui allait ensuite monter sur le podium lors des neuf premiers Grands Prix de sa carrière.