Le jour où Senna ne s'est pas qualifié pour un Grand Prix

Jonathan Noble
motorsport.com

est arrivé au Grand Prix de Saint-Marin 1984 après une expérience difficile au Grand Prix de Belgique, qu'il avait terminé à la septième place. Il était devenu évident lors des premières courses de la saison que la Toleman TG183B n'était plus assez performante, mais l'équipe n'avait pas d'autre choix qu'attendre l'arrivée de sa nouvelle TG184. La frustration de Senna n'était pas arrangée par des pneus Pirelli dont les performances étaient nettement en deçà de celles des Michelin équipant les McLaren, Brabham et Renault, et des Goodyear chaussant les Ferrari et Williams.

Ayrton Senna

Ayrton Senna <span class="copyright">Ercole Colombo</span>
Ayrton Senna Ercole Colombo
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Ercole Colombo

Les discussions se sont rapidement envenimées avec Pirelli, et le paddock d'Imola fut choqué le vendredi en apprenant que Toleman ne roulerait pas pour cette première journée. Un message arrivé par télex depuis le quartier général de l'équipe avait demandé aux employés sur place de ne pas mettre les voitures en piste à cause des différends avec le manufacturier pneumatique. Senna et son équipier, , furent de simples spectateurs en ce début de week-end et allaient devoir faire le nécessaire lors du second jour de qualifications.

En dépit d'une météo mitigée rendant le travail sur les réglages particulièrement difficile, Senna était à l'aise avec le 20e temps le samedi matin lors des seconds essais libres et semblait avoir assez de rythme pour se faire une place sur la grille. La piste séchait rapidement après les averses du matin et il semblait évident que les meilleurs temps seraient signés dans les dernières minutes de la qualification. Mais tout a basculé pour le Brésilien lorsqu'il a connu un problème de pression de carburant qui a immobilisé sa monoplace entre Tosa et Piratella.

Ayrton Senna, Toleman TG183B

Ayrton Senna, Toleman TG183B <span class="copyright">Rainer W. Schlegelmilch</span>
Ayrton Senna, Toleman TG183B Rainer W. Schlegelmilch

Rainer W. Schlegelmilch

Dans l'impossibilité de revenir aux stands pour faire réparer sa monoplace, Senna n'a pas pu signer un temps quand les conditions de piste étaient à leur meilleur niveau. Son temps de 1'41"585 l'a finalement placé à 13"068 de la pole position signée par , qui avait été choisi pour piloter la seconde Osella et peinait à trouver du rythme. Il naviguait à plus de dix secondes de Piquet, soit tout de même deux secondes et demie de mieux que Senna !

Bien que le week-end du Brésilien à Imola fut à oublier sans qu'il en ait été responsable, il a obtenu gain de cause après la course puisque le contrat liant Pirelli à Toleman a été arrêté après la course de Saint-Marin. Lors de la course suivante, en France, Senna a pu profiter de la nouvelle TG184, mais aussi des gommes Michelin, transformant la suite de sa saison, comme il l'expliquait à Dijon, seulement deux semaines après le fiasco d'Imola.

"Vous ne pouvez pas comparer la maniabilité de cette voiture avec celle de la précédente. Je sens que je peux gagner du temps sur n'importe qui dans les virages", avait-il déclaré. Bien que ses espoirs de points en France aient été annihilés par une casse de turbo, tout était en place pour la manche suivante, disputée à Monaco, et où Senna a produit l'une de ses plus belles performances et signé son premier podium.

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