Judo - Euro - Agbegnenou en leader de l'équipe de France aux Championnats d'Europe

L'Equipe.fr
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Guidée par la quadruple championne du monde Clarisse Agbegnenou, l'équipe de France dispute à partir de ce jeudi à Prague des Championnats d'Europe forcément particuliers. C'est une équipe de France ambitieuse qui s'est envolée lundi pour Prague et les Championnats d'Europe. Initialement prévue tout début mai, l'épreuve avait été reportée deux fois après le début de la crise sanitaire, et se déroulera finalement de jeudi à samedi dans un cadre très strict pour réduire au maximum les risques de contamination par le Covid-19. Il s'agira d'ailleurs de la dernière compétition en 2020.

« On est assez confiant par rapport à ce que les athlètes ont produit à l'entraînement, ils ont la volonté de bien faire les choses », apprécient Franck Chambily, l'entraîneur des hommes. « Les filles ne sont pas affûtées comme il faudrait en temps normal, il y a quelques petits 'pètes'aussi, mais ça va psychologiquement. Ça reste des compétitrices, elles ont l'envie de reprendre et en ont besoin », ajoute Larbi Benboudaoud, le référent des femmes. Depuis huit mois, les tournois ont été annulés les uns après les autres. Tout juste certains ont-ils pu s'ébrouer lors du Grand Slam de Budapest fin octobre. Victorieuse en -52kg, et n°1 mondiale, Amandine Buchard a pourtant dû renoncer au déplacement en République tchèque en raison d'une désinsertion d'une côte. Mais la sélection bleue a fière allure, guidée notamment par la quadruple championne du monde Clarisse Agbegnenou, en quête d'un cinquième titre continental, même si elle n'a plus disputé de combat officiel depuis sa victoire au tournoi de Paris début février. Duel annoncé entre Gahié et Pinot en -70kg Avec elle, on suivra aussi le nouveau duel en -70kg entre Marie-Eve Gahié, championne du monde 2019, et Margaux Pinot, championne d'Europe 2019, ainsi que Madeleine Malonga en -78kg, tenante du titre mondial et championne d'Europe en 2018, ou Romane Dicko en +78kg, révélée pour l'or européen en 2018 mais longtemps blessée depuis. L'équipe de France féminine -48kg : Clément, Boukli.
-52kg : Gneto.
-57kg : Cysique.
-63kg : Agbegnenou.
-70kg : Gahié, Pinot.
-78kg : Malonga.
+78kg : Dicko. Du côté des hommes, de retour après avoir soigné une pubalgie, le double médaillé mondial Axel Clerget espère réussir à s'exprimer en -90kg. Il sera accompagné par une escouade en partie renouvelée, avec les premières capes de Nicolas Chilard et Cédric Olivar. « Injecter du sang neuf, c'est important, estime Chambily. Cette fraîcheur apporte une efficacité différente dans le groupe. Je pense par exemple à Olivar, qui est toujours dans l'offensive. Il calcule moins et je trouve sympa ce côté : 'je fonce, je prends des risques'. » Pour Terhec, battre Riner n'est pas un gage Depuis 2016 et les titres de Walyde Khyar, en lice jeudi en -60kg, et de Teddy Riner, aucun Bleu n'a plus décroché d'or continental. Le double champion olympique manque à l'appel et certains s'interrogent sur le choix stratégique des dirigeants qui n'ont pas jugé bon d'engager un lourd. Forcément, quelques semaines après qu'il ait battu Riner lors des Championnats de France par équipe à Brest, et même si cette victoire fut acquise à la faveur d'une décision contestable des arbitres, on imaginait que Joseph Terhec, Normand licencié à Sucy-en-Brie, aurait l'occasion de se frotter au gratin européen. Ce n'est pas le cas. L'équipe de France masculine -60kg : Khyar, Mkheidze.
-66kg : Le Blouch.
-73kg : Chaine.
-81kg : Chilard.
-90kg : Clerget.
-100kg : Iddir, Olivar. Dans les colonnes de Ouest-France, le judoka barbu l'a regretté : « Il y a un double discours qui me dérange un peu. D'un côté, on me dit que je suis l'espoir de la catégorie et de l'autre, on ne veut pas me donner ma chance. » Patron des Bleus, Stéphane Traineau a accepté de justifier ce choix : « Joseph Terhec a battu Teddy, OK. Je ne dis pas que c'est anecdotique de battre Teddy. Mais Joseph n'est pour l'instant pas au niveau. Il est monté en lourd l'année dernière, a gagné les Championnats de France fin 2019. On est dans une stratégie de construction avec lui, on l'a sélectionné au Grand prix de Tel Aviv (début 2020), où il perd au 2e tour, au tournoi de Paris, où il perd au 1er, et ce n'est pas grave. Derrière, on avait l'idée de l'envoyer en Turquie mais le Covid est arrivé... Joseph est revenu pour le stage à Houlgate (mi-juillet), mais il a été bloqué en août et septembre par son stage pour devenir kiné. » L'athlète paierait donc ce manque d'entraînement. « Pour nous, ce ne serait pas opportun de l'envoyer sur un Championnat d'Europe sans un volume d'entraînement conséquent. Mais on garde une attitude bienveillante. En octobre, il a d'ailleurs fait beaucoup de randoris avec Teddy. » Grandir dans l'ombre d'un géant n'est décidément pas chose aisée... ni facilitée. Le programme des Championnats d'Europe À l'O2 Arena de Prague, à partir de 10 heures (éliminatoires, repêchages, demi-finales), puis à 16 heures (finales).
Jeudi : -48kg, -52kg, -57kg FEMMES,
-60kg, -66kg HOMMES.
Vendredi : -63kg, -70kg FEMMES,
-73kg, -81kg HOMMES.
Samedi : -78kg, +78kg FEMMES,
-90kg, -100kg, +100kg HOMMES.