Judo - Euro (F) - Mélanie Clément (3e en moins de 48kg aux Championnats d'Europe) : « La médaille que j'attendais »

L'Equipe.fr
·3 min de lecture

À 28 ans, Mélanie Clément a réussi à surmonter la déception de sa non-qualification pour les Jeux olympiques, pour aller décrocher sa première médaille, en l'occurrence le bronze européen en -48kg. « Comment avez-vous vécu cette journée ?
Forcément, c'est une journée très particulière. Les sélections sont tombées la semaine dernière, ça a été une déception de ne pas être qualifiée pour les Jeux (Shirine Boukli lui a été préférée). Mais je suis contente de faire un championnat, d'aller chercher, malgré toutes les difficultés des dernières semaines, ma première médaille, celle que j'attends depuis quatre ans, et après un combat interminable (elle gagne la finale après près de 5 minutes dans le Golden score). Finir cette journée de fou avec cette médaille autour du cou, casser ce rituel des places de 5e qui a hanté mon retour à la compétition après la crise du Covid, c'est un soulagement. Mélanie Clément « Je l'ai fait avec ma tête, parce que les sensations n'étaient pas là, le judo n'était pas là. Pas grand-chose n'était là. Sincèrement, j'étais en retard partout » Comment avez-vous réussi à vous remobiliser ?
Les gens qui m'entourent qui ont réussi à me remotiver. La semaine dernière, même en arrivant ici, c'était super dur. La déception des Jeux a du mal à passer. Mais j'ai des gens en or autour de moi. Ma famille, mes amis et même mes entraîneurs... On a commencé cette histoire ensemble. Une sélection comme ça, ça ne doit pas se louper. Et une médaille, quand on n'en a pas, il faut aller la chercher. Je suis d'autant plus contente qu'il y avait tout le monde. Depuis le temps que je cours après cette médaille, elle est enfin là ! Quand on regarde mon début de journée, je me suis dit que ça allait être long, très long. Mais ça valait le coup. Quelle émotion domine ?
J'ai été traversée par tellement d'émotions aujourd'hui. Mais si j'en garde une, c'est la satisfaction de ne pas repartir bredouille. Aujourd'hui (vendredi), j'ai fait un chemin un peu particulier. Je l'ai fait avec ma tête, parce que les sensations n'étaient pas là, le judo n'était pas là. Pas grand-chose n'était là. Sincèrement, j'étais en retard partout. D'habitude ma force, c'est l'endurance, les mains. Là, j'étais en retard. De voir que ma tête a tenu le coup, ne m'a pas lâchée... J'ai tenté, je me suis fait plaisir. J'étais libérée sans doute aussi de la pression que j'ai subie pendant quatre ans et demi d'olympiade. Je n'avais plus rien à perdre, peut-être que ça m'a servi. Je remercie mon entourage, ce n'est pas facile dans ces moments-là, on entend de tout. Je suis encore là, je monte sur la boîte. Je suis satisfaite de pouvoir fermer la bouche à certaines personnes. Vous projetez-vous dans l'avenir ?
Franchement non. J'ai pris cette journée comme elle venait. La préparation a été particulière, avec l'annonce tardive (de l'équipe olympique). Je vais savourer. On repartira quand l'heure sera venue. » lire aussi Mélanie Clément en bronze