Judo - Le tournoi de Paris annulé

L'Equipe.fr
·4 min de lecture

Le Paris Grand Slam, prévu les 8 et 9 mai, a été annulé sur décision de la fédération internationale, qui propose de le reporter en octobre. Un choix qui désole la FFJDA qui a tenté de récupérer son événement, finalement attribué à la Russie. La fédération française (FFJDA) a bien tenté de corriger le tir ce week-end, après avoir été informée par courrier, vendredi 26 février, que son homologue internationale (IJF) avait l'intention d'annuler le Paris Grand Slam, prévu les 8 et 9 mai prochains. En vain. Ce mardi soir, l'IJF a confirmé son choix et l'attribution de l'épreuve qualificative pour les Jeux de Tokyo à Kazan (Russie). « Je suis déçu. Il y a de la frustration parce qu'on avait fait le travail », soupire Stéphane Nomis, le nouveau président de la FFJDA. Avant d'avoir tous les éléments en main, on aurait pu imaginer que la France sacrifiait son tournoi cinquantenaire (la première édition date de 1971) pour répondre à ses difficultés financières, au déficit récurrent de l'épreuve (entre 700 et 800 000 euros annuels). « Pas du tout, se défend Nomis. Ce tournoi est trop important. Je me suis battu comme un dingue pour le récupérer. » Présent à Doha mi-janvier, pour le Grand Slam du Qatar, l'élu y a rencontré Marius Vizer, le président de l'instance internationale depuis 2007. « Je lui ai dit qu'on organiserait le tournoi de Paris. On avait juste envisagé de le faire à Coubertin si la salle était libre, précise Nomis. Je n'avais pas le droit de baisser les bras, de perdre le tournoi de Paris. »

Pour afficher ce contenu, vous devez mettre à jour vos paramètres de confidentialité.
Cliquez ici pour le faire.

Un drôle d'imbroglio À son retour en France, il a toqué à toutes les portes, depuis le P.S.G., club résident du stade de la porte de Saint-Cloud, en passant par une renégociation avec l'AccorHotels Arena, des aides de l'état ou de l'agence nationale du sport. Les coûts exorbitants du transfert de l'épreuve à Coubertin l'avaient finalement dissuadé de choisir cette option. D'autant que le 25 février, tous les acteurs lui apportaient leur soutien, y compris 98 % des présidents de ligues et des comités départementaux qu'il avait réunis ce jour-là pour une visio-conférence et qui avaient approuvé le projet. Le courrier de l'IJF s'est donc avéré une douche froide. Comment en est-on arrivé à cette situation ? Un drôle d'imbroglio. La raison invoquée serait le contrat liant les deux instances, et reçu en juillet dernier par la France, mais qui n'a pas été signé par l'ancienne équipe dirigeante, alors même que le contrat avec l'AccorHotels Arena a été reconduit pour quatre ans. Une aberration quand on rappelle que l'ancienne équipe de la FFJDA était alors dirigée par Jean-Luc Rougé, accessoirement secrétaire général de l'IJF. Ce mardi soir, Rougé envoyait d'ailleurs un mail à tous les présidents de fédérations nationales pour les informer du nouveau calendrier dans lequel ne figure plus Paris. lire aussi Toute l'actu du judo En octobre, une perte de saveur Dans l'intervalle, les Français avaient à nouveau écrit à Marius Vizer pour lui signifier leur volonté de conserver cette date, si essentielle pour les judokas tricolores, mais aussi pour le rayonnement de Paris et d'un des sites olympiques pour les Jeux de 2024. Le judo est un des très rares sports à remplir chaque année Bercy... Même Tony Estanguet avait signé son soutien aux organisateurs hexagonaux. Une missive qui a reçu une fin de non-recevoir, même si l'échange est resté courtois et que l'IJF s'est excusée d'avoir dû décider vite en raison de la pandémie actuelle. Elle propose ainsi de décaler le Paris Grand Slam en octobre, soit après les Jeux de Tokyo. Sacrée perte de saveur, puisque les meilleurs, tous ceux qui auront brillé au Japon, déclineront l'invitation post-olympique. En revanche, la fédération internationale s'est engagée à rendre à Paris son joyau pour les trois années à venir (2022, 2023 et 2024), aux dates traditionnelles de février.