Julien Benneteau après la défaite de Caroline Garcia : « Elle a galéré sur ses matches »

Julien Benneteau aux côtés de Laura Legoupil et Juan Pablo Guzman, respectivement préparatrice physique et entraîneur de Caroline Garcia. (S. Thomas/Presse Sports)

Déçu pour la n°1 française, Julien Benneteau, le capitaine de l'équipe de France de Billie Jean King Cup soulignait la qualité du plan de jeu de Magda Linette, qui a fait déjouer Caroline Garcia en huitièmes de l'Open d'Australie.

« Comment analysez-vous cette défaite ?
Je suis déçu pour Caro. Elle a des ambitions, elle veut aller plus haut et elle en avait les moyens. Après, les matches ne sont jamais les mêmes, elle a eu un peu moins de pourcentage (de premières balles). Il y a un côté du terrain où elle était très gênée par le soleil et elle a dû adapter son lancer, ce qui l'a un peu perturbée et dérèglée au service.

Ensuite tactiquement, Linette avait un plan de jeu très clair. Elle l'a appliqué tout au long du match, elle a amené Caro à jouer là où elle voulait même quand ça a failli lui jouer des tours. Elle était quand même assez passive, notamment dans les premiers jeux du deuxième, où elle a des balles de break, elle ne fait rien sur les deuxièmes balles de Caro. Ça ne l'énerve pas, elle continue, elle fait exactement la même chose deux jeux après et elle se procure de nouveau des occasions qu'elle saisit cette fois-ci.

lire aussi : Le tableau de l'Open d'Australie simple dames

Tactiquement, le match de Linette est très juste, je pense qu'elle a la capacité à faire mal jouer ses adversaires et à leur rentrer dans le cerveau, c'est un peu ce qui s'est passé. Malgré ça, Caro n'est pas loin de gagner le premier, elle mène 3-0 double break, et de recoller au score au second. L'histoire on peut la refaire mais bon...

Que pensez-vous de sa position très avancée au retour ? N'y avait-il pas un plan B ?
Elle est tout le temps comme ça. Sur certaines joueuses peut-être, mais contre celle-ci, franchement elle n'a pas plus de déchets au retour que contre Siegemund (au tour précédent) par exemple. C'est plutôt la manière dont Linette l'a contrée, après le retour sur des deuxièmes balles, qui a gêné Caroline sur ses coups d'après. Le meilleur exemple, c'est à 4-3, 0-15, l'autre fait une super première, Caro retourne très bien mais derrière, elle a un revers court qu'elle sort ; là c'est sa deuxième frappe, pas le retour.

Le plan B, il n'y a pas beaucoup de filles qui en ont. Caroline a essayé d'ajuster un peu son jeu. Pas par rapport à son retour, parce que je pense que ce n'était pas le plus flagrant. Elle a essayé d'adapter par rapport à ce qu'elle est capable de faire, et essaye de faire, sauf qu'elle s'est fait contrer.

Que disait-elle à l'intention de son box quand elle manifestait son impuissance ?
C'était souvent par rapport à son service. Quand, à 40A, elle fait une super première sur le T kickée, et que derrière elle se trompe de côté dans son attaque, ce n'est pas le service qui est à remettre en cause. Il y a une discussion et une analyse globales à faire. C'est sûr qu'elle a eu moins de pourcentage, que c'est une arme chez elle et que quand ça ne passe pas ça la frustre, parce que ça lui enlève un énorme atout. Faut qu'elle arrive à se mettre dans un état d'esprit où elle peut quand même gagner malgré ça.

Ce n'était pas la Caroline Garcia de l'US Open...
Globalement, elle a un peu galéré sur ses matches. C'est le début de saison, mais elle a quand même franchi un cap. Elle fait huitième de finale, OK, mais il y a un an elle perd au premier tour, on lui aurait dit ça, elle aurait signé des deux mains. Un an après, pour elle, c'est entre guillemets une contre-performance. C'est là où on mesure le cap qu'elle a franchi.

Ne se met-elle pas trop de pression ?
Ça, c'est une autre question... Je ne suis pas assez avec elle. C'est sûr que les filles en général, sont insatisfaites, c'est à la fois leur force et en même temps parfois leur faiblesse. Elles ne se donnent pas le droit à l'erreur, elles sont dures avec elles-mêmes. Effectivement elle peut se mettre un peu la pression. C'est à Juan Pablo (Guzman, son entraîneur) et Laura (Legoupil, sa préparatrice physique) de bien discuter avec elle pour qu'elle s'installe dans le long terme à ce niveau-là. »

lire aussi : Toute l'actualité de l'Open d'Australie