Julien Benneteau, capitaine de l'équipe de France de Billie Jean King Cup : « Il n'y a que des bonnes ondes »

Julien Benneteau et Alizé Cornet. (N. Luttiau/L'Équipe)

Avant la rencontre de barrages qui opposera l'équipe de France aux Pays-Bas à partir de vendredi, au Portel (Pas-de-Calais), Julien Benneteau se réjouit de l'exploit de sa numéro 1 Caroline Garcia en attendant son arrivée prévue ce mercredi en début d'après-midi.

« Comment se passe le rassemblement de cette équipe de France depuis votre arrivée au Portel lundi soir ?
Pour l'instant, très bien. On a eu un très bel accueil à la mairie du Portel qui confirme l'enthousiasme qu'on a senti lorsqu'on a su qu'on allait organiser la rencontre en France. On l'a vu à notre arrivée, c'est hyper appréciable pour les filles et pour moi de sentir une vraie ferveur autour de cette rencontre, même si ce n'est qu'un barrage. On va pouvoir jouer devant 3500 personnes et ça, c'est vraiment un plus. Les premiers entraînements se passent très bien, on a pu découvrir la salle avec que des belles surprises. Elle porte bien son nom de « Chaudron », une petite arène et quand je dis « petite » il n'y a rien de péjoratif au contraire, les gens vont être proches du terrain. Le court est conforme à ce qu'on avait demandé, une surface plutôt rapide au rebond plutôt bas, pour l'instant il n'y a que des bonnes ondes.

Parmi celles-ci il y a forcément ce qui s'est passé la nuit dernière à Fort Worth avec la victoire au Masters de Caroline Garcia. Comment avez-vous vécu cette finale ?
J'avoue que je n'ai pas regardé, par contre j'ai été réveillé assez tôt, j'ai regardé mon téléphone et j'ai vu sur l'application de L'Équipe « Garcia sacrée ». Il devait être 5h30, je me suis dit « put... elle l'a fait ! » On a tous été bluffés, c'est un pas de plus dans son palmarès et surtout dans son histoire à elle. Gagner le Masters, c'est énorme. En France, il n'y a qu'Amélie (Mauresmo) qui l'a fait chez les filles, chez les hommes ça n'a jamais été fait. Ça prouve la place de cette victoire dans l'histoire du tennis français, il ne faut pas avoir peur des mots de temps en temps. Là elle a écrit une grande page du tennis français. C'est remarquable, admirable et on a hâte de pouvoir la féliciter de vive voix, de la prendre dans nos bras et de la célébrer comme il se doit parce que c'est une victoire immense.

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Avez-vous eu des contacts avec elle pendant la semaine ?
Pas pendant la semaine mais j'ai discuté avec elle un petit peu avant, entre Guadalajara et le Masters, sur l'aspect organisationnel et logistique ici, sur les conditions de la rencontre, les balles, la surface... On avait parlé de la manière dont elle avait appréhendé, entre l'US Open et le Masters, cette course à la qualification où elle n'avait pas caché que ça l'avait un peu tendue, qu'elle avait eu du mal à se situer parce qu'elle était pratiquement qualifiée mais ce n'était pas fait. Il fallait qu'elle valide par une ou deux victoires et c'est normal car les enjeux n'étaient pas les mêmes que d'habitude. Une fois qu'elle était qualifiée, il y avait une sorte de soulagement, les compteurs étaient remis à niveau : elles sont huit sur la même ligne et quelque part, tout le monde peut gagner ce qui implique une autre manière de jouer, dans l'état d'esprit en tout cas.

Comment allez-vous gérer son arrivée au Portel entre son besoin de récupération, l'enthousiasme après une si grande victoire et la nécessité de gagner la rencontre ?
Il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. Elle va arriver demain (jeudi) vers 13 heures-14 heures le temps qu'elle atterrisse et fasse la route jusqu'ici. La première des choses, ça va être de s'entretenir avec elle, certains membres du staff et moi-même. Pour avoir son ressenti, que je lui dise aussi comment ça se passe au sein de l'équipe, comment on voit les choses pour la rencontre. Je pense que ça va être une discussion ouverte et franche. Il y a la confiance évidemment, le niveau de jeu, la fraîcheur physique qu'on va devoir prendre en compte afin de savoir, s'il y a des arbitrages à faire, quand et comment on les fait. Ça se fera en concertation avec tout le monde pour prendre les meilleures décisions. Vous avez une vainqueur du Masters qui est 4e mondiale, forcément on a envie qu'elle joue.

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Kristina Mladenovic ne jouera pas sur ses terres nordistes. Comment son forfait s'est-il décidé ?
Une fois qu'elle s'est retirée du tournoi de Nantes après avoir abandonné en Espagne, Kristina nous a fait part de ses douleurs récurrentes au genou. Elle est allée faire des soins avec son staff médical en Italie et ensuite elle est venue faire constater son genou par notre équipe. Je pense qu'elle ne se sentait pas apte par rapport à ses douleurs à défendre les couleurs de l'équipe de France. Elle n'était pas sûre de pouvoir bien se préparer comme l'exige un match de BJK Cup.

Pourtant le staff médical de la FFT avait donné son feu vert...
Le staff a estimé qu'effectivement il n'y avait pas de nouvelle lésion, mais elle a un genou qui a une vraie blessure chronique qui peut engendrer des douleurs dont le ressenti est propre à la joueuse. On était à la fois rassurés pour elle dans un premier temps mais le fait qu'elle n'ait pas pu jouer dix jours avant et que le protocole de soins qu'elle a suivi nécessitait du repos et une reprise en douceur, dans un premier temps, le timing était trop juste pour la rencontre. »

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